I. Fils du ducd'Alburquerque
3. D* Maria, fille de Philippe III et de Marguerite d'Autriche, épousa en i63o Ferdinand III, roi de Bohême et de Hongrie, fils de l'empereur d'Allemagne Ferdinand II.
24o MEMOIRES DE CONTRERAS
et vint loger en la maison du comte mon maître, où il fut régalé et servi. Après avoir baisé le pied au pape, avoir fait et reçu ses visites, Sa Seigneurie partit pour Ancône, oii elle trouva la reine, et s'embarqua pour la Cour impériale, aux fins de remplir son ambassade d'Allemagne. Celle de Rome avait été très brillante et somptueuse, digne en tout d'un tel seigneur.
Peu de jours après, le comte mon maître m'envoya demander une galère à madame la comtesse de Tursi, pour nous mettre à même, le secrétaire Juan Pablo Bonete et moi, d'aller remplir à Madrid certaines missions. La galère arrivée, embarque ! et nous voilà à Barcelone. On m'y ordonne de courir la poste, car c'était chose d'importance. Ce que je fis. Ainsi j'accomplis les désirs du comte mon maître, car j'arrivai en temps brief.
Je restai à Madrid plus de deux mois, — c'était en l'an mil-six-cent-trente-un. Je m'y réjouis d'y voir les charmantes comédies du Phénix de l'Espagne, Lope de Vega, homme si éminent en tout et dont les livres sont tels que n'importe qui y peut apprendre à devenir poète comique ; à lui seul était réservé d'être l'honneur de l'Espagne et la stupeur des autres nations.