‹ Mémoires;Chapitre 150 sur 173 · CHAPITRE XVI 25 r · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI 25 r

Monterey. Il s'en retourna en sa terre et moi en la mienne.

Le lendemain, j'appris qu'un cavalier courait le pays, commettant mille brigandages dans la campagne et dans les couvents de nonnains, faisant main basse sur tout ce qui lui semblait de bonne prise. Moi qui m'étais déjà résolu à aller en campagne contre le président, pardi I je pique sur un hameau oii ledit cavalier dormait, se croyant là comme le roi en Madrid. Je lui donne une aubade, je le surprends au lit; il saute par la fenêtre en un jardin, mais j'ai d'aussi bons sauteurs qui me le repêchent. On le ligote; je le traîne à la ville d'Aquila, où les naturels demeurent bés qu'homme se fût trouvé assez hasardeux pour s'en saisir. Je le mis en le château, lui fis son procès en lui donnant deux jours de répit.

Pendant lesdits jours, on s'embesogne à dresser un échafaud au milieu de la place, à forger les glaives pour le sacrifice. Les gens se gaussaient de voir l'échafaud, et aussi quand on leur disait que c'était pour couper la tête au cavalier. Mais bien plus grands yeux firent-ils quand, le cinquième jour, à trois heures de relevée, ils le virent sans tête. Qui la coupa fut un méchant bourreau auquel je donnai un mien vêtement et dix écus. Le pauvre diable n'avait pas la pratique; n'importe, il fit comme ces médecins qui

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enseignent en les hôpitaux aux dépens des innocents ; encore que ce cavalier n'était rien plus qu'un fieffé coquin. Il s'appelait JacomoRibcra — tout le monde, dans les Abruzzes, le doit bien connaître, ne fût-ce que de nom, — naturel de la ville d'Aquila.

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