CHAPITRE XVII
et partîmes pour Palerme où nous arrivâmes à midi. J'y trouvai une infinité d'amis et m'occupai d'y monter ma maison ; mais, auparavant, j'allai parler à monseigneur le duc d'Alcalâ^ gouverneur du royaume de Sicile. Je lui fis part de mon arrivée — Son Excellence était au fait de tout cela, — et le suppliai de me faire délivrer les trente écus que Sa Majesté m'avait accordés par provision sur ce royaume. Il en donna Tordre aussitôt.
Mon frère introduisit un mémoire suppliant Son Excellence de lui faire grâce, en considération de ses services, d'un brevet de capitaine, pour aller ailleurs lever une compagnie : il y en avait peu en ce royaume. Moi, pour ce faire, je lui donnais cinq cents ducats ; c'est ce que Sa Majesté donne pour ces sortes de levées, et je voulais épargner au roi cette somme. La réponse fut : (( Que les bureaux fassent une enquête » et, en fait d'enquête, on le fourra en une tartane catalane qui était venue en ce port avec une cargaison de biscuit pour les galères du royaume, et qui allait à Gênes. Je donnai à mon frère deux cents écus d'or et des vêtements, je payai son passage et sa nourriture et lui donnai ma bénédiction. J'ajou-
I. D. Fernando Afan de Ribera, du Conseil d'Etat, viceroi de Sicile de 1682 à i635. f le 28 mars 1637.
tai : (( — Va en Flandre, mon fils, et tu y seras capitaine. Tu as bons états de service, beaux, équipements, argent et licence. Dieu te guide I )) Par ainsi s'en fut-il avec Dieu. Moi, je suis resté ici jusqu'à ce jour d'huy quatre février mil-sixcent-trente-trois où j'écris ceci. Si Dieu me prête vie et s'il se passe quelque chose, je l'ajouterai à ce récit.