‹ Mémoires;Chapitre 17 sur 173 · JE PRENDS UNE ENSEIGNE · texte numérisé non relu

JE PRENDS UNE ENSEIGNE

Moi, je piquai droit sur lui et lui dis : a — Serttabajo (Couche à terre !) » Le turc me regarde, se met à rire en répliquant : a — Bremaneur casaca cacomiz », ce qui veut dire : « — Patillo, comme chien crevé pue ton croupion ! » La rage méprend, j^embrasse ma rondache et marche droit à lui. D'un liement je maîtrise sa pique et lui donne une estocade en pleine poitrine ; il roule à terre ; j'arrache Tenseigne de la pique et je m'en ceins.

J'étais en train de dépouiller mon turc, quand voici venir deux soldats français qui crient : (( — Part à trois ! » Je me lève de dessus mon turc, j'embrasse ma rondache en disant : u — Laissez-le, il est à moi ; autrement je vous tue. » Ils croyaient que c'était pour rire ; eh ! nous commencions à nous donner de beaux coups quand quatre autres soldats, avec trois turcs qu'ils avaient pris, surviennent, mettent la paix. Sur quoi, nous allons tous en bande au galion, sans dépouiller le blessé de quoi que ce soit.

On conta le cas au capitaine, lequel, ayant interrogé le blessé, déclara qu'à moi seul revenait le tout. Les français se mutinèrent presque,

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