‹ Mémoires;Chapitre 16 sur 173 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De ce qui m'advint jusqu'au miracle de File Lampedusa.

A Malte, le Commandeur Monreal fut très content de me voir.

Nous y étions depuis quelques jours, quand nous partîmes pour le Levant avec le galion et une frégate ; nous y restâmes plus de deux mois sans faire prise. Mais un jour, comme nous allions mouiller au cap Silidonia (Ghelidonia), nous trouvâmes dans la crique un caramoussal portant beau qui ressemblait à un galion ; nous l'assaillîmes, et les Turcs se jetèrent à terre dans a barque pour sauver leur liberté. Le capitaine ordonna de leur courir sus, promettant dix écus pour chaque esclave qu'on ferait.

Il y avait là une pinède; je fus Tun des soldats qui sautèrent à terre à la poursuite des Turcs ; j'avais mon épée, ma rondache, mais de barbe pas un poil. Je m'embusquai dans la pinède et tombai sur un turc gigantesque comme un philistin ; la pique en main, et, arborée sur la

26 MÉMOIRES DE CONTRERAS

pique, une enseigne orange et blanc, il cherchait à rallier sa troupe.

Page 1