‹ Mémoires;Chapitre 60 sur 173 · CHAPITRE VI gy · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI gy

vienne ici tuer la justice? » Moi, je lui contai tout ce qui s'était passé. II m'ordonna de retourner à Écija. Je lui dis qu'ainsi ferais, et que j'étais venu rechercher des soldats voleurs. Sur quoi nous prîmes congé, et il s'en alla avec le capitaine et ses gens.

Moi, je retournai à l'hôtellerie pour m'occuper de mon départ, quand un de mes quatre soldats me vint dire : « — Il y a là deux hidalgos qui vous demandent. » Je sortis et je dis : u — Que commandent Vos Grâces ? )) L'un d'eux répond : « — C'est bien Vot' Grâce qu'est l'alférez ? » — <( Oui, que voulez- vous ? » Alors, les doigts ouverts, se frottant les moustaches, l'hidalgo : « — Les hommes de bien comme Vot' G'âce, c'est juste de les connaître comme qui dirait pour les servir. Nous sommes envoyés ici par une femme de bien que son homme on le lui a pendu à Grenade sur faux témoignages. Elle est veuve, elle est inoccupée et pas mal équipée du tout. Elle a trouvé Vot' Grâce bien et la prie à souper ce soir avec elle. )) Pour moi ce qu'il me disait était du latin ; je n'entendais mot à ce baragouin-là. Je fis : c( — Je supplie Vos Grâces de vouloir bien me dire ce que cette senora a pu voir en moi qui me vaille cette faveur. » — « N'est-ce rien que d'avoir combattu comme un géant et blessé un alguazil, le plus grand voleur de Gordoue ? » Je devinai

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alors qu*il s'agissait d'une femme de la maison publique. Sur quoi je leur dis que je prisais la faveur, mais que j'étais à la veille d'être capitaine, que cela pourrait me retarder dans mon avancement, que je serais heureux qu'il n'en fût pas ainsi pour pouvoir faire ce qu'ils désiraient. Là-dessus je les congédiai et me fus mettre en selle. Au matin, j'arrivai à Écija. Je me rendis au corps de garde et trouvai mes hommes bien cois ; il n'y avait eu aucun désordre, ce dont je ne fus pas peu satisfait.

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