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donna de nouveau à penser, cependant que nous nous tenions en un jardin, attendant l'heure, cette heure que je croyais être ma dernière ; mais je n'en avais cure. Plaise à Dieu, quand elle viendra, que je me trouve aussi bien préparé ; je m'en tiens content,
A l'entrée du village, il m'ôta les fers et me déligota, disant : « — Que Votre Grâce nous montre la maison où étaient les armes. » Je répondis : « — Seiior, je ne connais pas le village, parce que je n'y ai passé qu'une après-midi et une nuit, et, lorsque le soldat m'emmena en cette maison, c'était de nuit, outre qu'il y a cinq ans de cela. Mais mettez-moi en la rue qui est là-haut, où il y a une fontaine, et j'espère, grâce à Dieu, ne pas me tromper de maison. )> Ce qu'il fit. Je dis : (i — La maison est celle-ci, ou celle-ci. d II fit: « — C'est bon. Allons à l'auberge. » Nous y fûmes, et il me donna à souper, crevé soit-il ! Jugez si le souper pouvait me paraître bon, après qu'on m'en avait fait avaler de pareilles !
Le jour vint, et on trouva un expédient pour me faire entrer sans scandale dans les deux maisons que j'avais désignées, afin que je reconnusse la vraie. Voici comme.
On me fit entrer auparavant en d'autres maisons, disant que j'étais mandé par l'évêque de Badajoz pour visiter les maisons et voir si on y
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avait bien des croix et images ; et, comme j'étais vêtu en ermite, on le crut. Même cela fut cause que force colporteurs d'images vinrent avec leurs estampes à Hornachos, et s'y firent riches ; il n'y avait plus porte où l'on ne vît deux ou trois croix : on eût dit un champ de bataille.
J'entrai dans la maison et retrouvai le silo, mais voilà qu'il n'était plus, comme je l'avais dit en mon interrogatoire, blanc comme colombe, long d'environ trente pieds et large de vingt. Je restai confondu et m'appuyai à la muraille que je m'étais mis à égratigner du doigt, comme quelqu'un d'interdit. Dieu voulut qu'il tombât de sous mon doigt un éclat de boue sèche, sous lequel la muraille se montra blanche. Je m'en aperçus et dis : (( — Sefior, amenez quelqu'un qui jette bas une cloison. » Ayant gratté tous les murs, je n'en trouvai que trois de blanchis, et le quatrième était noir. On amena quelqu'un pour jeter bas le noir, et voilà que le silo se retrouva en l'état que j'avais dit. On l'avait coupé au milieu par une cloison, d'une pièce on en avait fait deux ; et, sur cette cloison, on avait passé une couche de boue.
On se saisit du maître de la maison. Il dit qu'il l'avait achetée, deux ans auparavant, à un autre morisque dont je ne sais le nom. On voulut se saisir de lui, mais comme le bruit s'était répandu qu'on avait démoli la maison, il était monté sur