A la Ci'" . Bianca
6. Il se retira à Moncalieri, puis a Cliaummit, « i écrivait le
y entra en sa place, avec quatre mille hommes des troupes du Roi, le 3e août1.
Il y avoit déjà six jours que l'armée ennemie éloil campée à l'entour de la ville et se retranchoit lorsque le sieur de Créquy y arriva.
Dès le lendemain, 4e août, il sortit de la ville du côté des ennemis et leur fit quitter un pont2 qu'ils gardoient sur une petite rivière nommée la Verse, qui passe près des murailles de ladite ville; le duc de Feria, désespérant de la prendre, leva le siège. Pour mettre son armée en curée, il alla assiéger Verrue3, le long du Pô, assise sur un roc. Le château n'est qu'une maison ancienne composée d'une tour et d'un corps de logis sans fossés ni boulevard, et la ville et le faubourg qui en est détaché ne font ensemble que quarante ou cinquante feux. On délibéra si on pouvoit défendre le faubourg; enfin le courage françois résolut qu'il ne falloit pas laisser prendre l'avantage d'une seule maison à l'armée espagnole.
Pour la facilité du secours, nos gens firent un pont
27 août au Roi : « Il ne faut plus faire état des forces de V. M. en Italie; elles sont perdues; il n'y a plus que 3,000 hommes qui ne sauroient durer quinze jours ; le retardement extrême des montres, la faim, les maladiesjes accablent ; les Espagnols, qui sont forts et qui se le rendent tous les jours, les travaillent sans relâche » (Aff. étr., Turin 6, fol. 186).
1. Sur l'entrée de Créquy dans Asti, avec 3,000 hommes de pied et 300 chevaux, le dimanche 3 août, voyez sa lettre du 4 août à Herbault : Aff. étr., Turin 6, fol. 92.
2. Créquy était accompagné du prince Thomas; il dispersa la cavalerie allemande du colonel Lullo Capriata [Historia, Genève, 1644, p. 774).
3. Verrue, à trente-huit kilomètres au nord de Turin, sur la rive droite du Pô.
sur le Pô entre Crescentin4 et Verrue et logèrent leurs troupes partie deçà et partie delà le Pô.
Le siège, qui commença vers la mi-août, dura jus<|ii<s m 17a novembre2, auquel le Connétable, étant allé de Turin à l'armée3, où étoit arrivé un nourenfort de six régiments4 que Vignoles5 comm;uKloit, il considéra et remarqua d'un lieu haut les fatftfl des ennemis, et, les faisant attaquer courageusement, les emporta tous en moins d'un quart d'heure; OC «jui leur donna un tel effroi qu'ils firent mettre fcdOte l'année en bataille pour regagner ce qu'ils ;i\oirnt perdu; mais ils furent si bien reçus et sou-
1. Crescentino, ville de la province de Novare (Piémont), à -deux kilomètres sud-ouest de Verceil, sur la rive gauche Sur la construction de ce pont de bateaux, voyez Capriata, op. cit., p. 780, et lettre de Créquy au Roi, 15 août 1625 : Aff. /•tr., Turin (>. fol. 131. La garnison fut renforcée par le régiment lorrain du marquis de Saint-Reran (Guichenon, op. cit., t. I. p 838).
siège avait duré trois mois et dix jours. 3. Il arriva à Crescentin le 17 novembre. i Les documents contemporains mentionnent l'arrivée de sept régiments : Longue val, La Noue, Nubecourt, Origny, Tavannes, Verdun et Navailles. Le 5 novembre, Bullion signalait la présence de cinq de ces régiments à Ivrée, avec Vignoles, t.iiiclis que deux autres venaient de Savoie (Aff. étr., Turin 6, fol. 397).
5. Bertrand de Vignoles était parti pour le Piémont le 20 sept'-ml.i es troupes placées sous ses ordres suivirent deux
tires : « Les uns, qui étoient en Champagne, Picardie et Bourgogne, doivent aller en Bresse et s'embarquer sur le lac de Genève, route que mon oncle le duc de Savoie m'a proposée comme la plus courte de plusieurs journées; les autres [tasser à Suse par la voie accoutumée. La cavalerie suivra aussi cet ancien chemin, » Louis XIII à Lesdiguières : aat., Kk 136 jo, 23 sept.u.i.r.- P
tenus par les troupes du Hoi qu'ils ne purent reprendre qu'un de leurs forts qui étoit par trop commandé1.
La nuit même les Espagnols se retirèrent et laissèrent dans leur camp les morts, les blessés et une partie du bagage2.
Cette déroute releva l'honneur des armes du Roi, qui étoient décriées en Italie pour avoir en un long temps fait si peu de chose qu'en quatre jours les ennemis regagnèrent sur eux ce qu'en trois mois ils leur avoient pris. Cette action fut si glorieuse3 qu'elle effaça tout le blâme qu'on leur pouvoit donner. On peut dire, avec vérité et sans vanterie, qu'elle est due à la seule prudence et à la fermeté du courage du Cardinal4, car le Roi étant embarqué dans les affaires d'Italie, mais quant et quant diverti par la rébellion des huguenots, il ne pouvoit pas facilement maintenir ses armées en l'état auquel elles dévoient être5. Cependant, on voyoit qu'il se formoit une nuée
1. D'après Capriata, op. cit., p. 803, cette contre-attaque fut exécutée par les Allemands de Sultz.
2. Feria s'était retiré auparavant à Pontestura (Capriata, op. cit., p. 786).
3. Voyez la lettre de Créquy au Roi, « du camp de Verrue », 19 novembre 1625 : « Voilà le siège de Verrue levé et les armées de V. M. sont maintenant aussi glorieuses en Italie que celles d'Espagne s'y trouvent pleines de confusion » (Aff. étr., Turin 6, fol. 445).
4. Sur le rôle joué par le Cardinal dans l'envoi des renforts, voyez Ch. Vialart, Histoire du ministère .. . du cardinal de Richelieu, p. 138. Le 27 juillet 1625, il écrivait de Courances à la Reine mère : « Il est besoin de faire semblant de faire un grand préparatif pour la guerre d'Italie, afin de disposer mieux les choses à la paix » (Bibl. nat., Nouvelles acquisitions françaises 5131, fol. 75).
5. Le chiffre des contingents que devait fournir le Roi avait
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d'hommes en Allemagne pour passer au Milanois et tiiiiv cette armée de trente mille combattants pour le s» i \ ice d'Espagne, qui, depuis, fut celle qui descendit en Piémont et assiégea Verrue.
Le Cardinal crut qu'à cette occasion il falloit, pour l'honneur des armes du Roi, faire un grand effort.
Il ivpivsentoit sans cesse que ce n'étoit rien de bien commencer et d'avoir de bons desseins si on ne préparoit les moyens proportionnés à cette fin; que la guerre qui ne se fait d'un courage délibéré et avec toutes les forces et l'industrie qui se peut n'a jamais un heureux succès; que le défaut1 d'une résolution po— glane faifl qu'on obtient toujours moins qu'on ne proposé et, partant, qu'il faut que les préparatifs soient toujours plus grands que ce qui semble qui doit suffire pour ce que Ton entreprend 2 ;
Que rien n'emporte les Espagnols qu'une fermeté continue; <|iie c'est par là qu'ils ont eu avantage sur nous jusqu'aujourd'hui et, partant, qu'il faut faire de nouvelles levées3 de gens de guerre pour rafraîchir l'armée du Roi.
Il avoit beau dire, on n'y prenoit point de résoluété fixé par le traité de Suse, signé le 18 octobre 1624 par le connétable et le duc de Savoie. Voyez la lettre de Bullion au Cardinal, du 19 février 1625 (Aff. étr., Turin 5, fol. 92).