Var. : auprès du roi son frère (ms. Français
2. Ici prend fin l'emprunt à la relation, dont la conclusion est reproduite sans modification. Comparez la phrase finale de 1' « Avis » : « Moyennant tout ce que dessus, sera arrêté qu'en Allemagne il ne se fera rien soit en paix, soit en guerre, sans le consentement du Roi. » Parmi les pamphlets composés en faveur de la ligue, voyez « la Ligue nécessaire contre les perturbateurs du repos de l'Estat ». Ce libelle fut rédigé après le départ de Buckingham, car il y est fait allusion aux échecs subis en Piémont par Lesdiguières.
3. François d'Aerssen, seigneur de Sommelsdyk, fils de Corneille d'Aerssen, naquit à Bruxelles en 1572; après avoir étudié à Louvain et à Leyde, il fit partie de la suite de du Plessis- Mornay (1594-1596); agent des Provinces-Unies auprès du roi de France de 1598 à 1613; chargé d'une mission à Venise en 1620 et en Angleterre en 1624; mort le 27 décembre 1641. Sur sa mission à Paris en novembre 1624, voyez plus loin.
4. Les manuscrits A et B portent par erreur le « onzième jour de juin ». Sur le voyage de la Reine, voyez Louis Batiflbl, la Duchesse de Chevreuse , p. 59-64.
Le Roi l'accompagna jusques à Compiègne, les Urines jusques à Amiens1, et Monsieur2 jusques à Boaltgae. Par ordre du Roi, on lui fit des entrées superbes par toutes les villes où elle passa, et elle donna liberté aux prisonniers.
Le Cardinal, qui jugea que cette princesse, qui alloit en un pays étranger et de religion différente à la sienne, avoit besoin de bons et sages conseils pour se savoir conduire parmi les périls dont elle seroit environnée, et qu'il étoit bien besoin que ces salut.iin s avis lui fussent donnés par une personne le
1 Marie de Médicis se sépara d'Henriette de France le 16 juin 1625 à Amiens; le 17 juin, Buckingham et Holland revinrent à l'improi iste dans cette ville, afin de soumettre à la Reine mère les propositions du duc de Savoie, qui demandait la participation de vaisseaux anglais à l'expédition de Gênes... Lettre de Marie de Médicis à Louis XIII, Amiens, 17 juin 1625 (Bibl. nat., ms. Français 3708, fol. 69). Richelieu écrivait, le 19 juin, à la Reine mère : « Le Roi, dépêchant à V. M. pour l'affaire de M. le comte de Schônberg, j'ai cru qu'elle n'aura désagréable que je lui envoie Marsillac sur le même sujet et pour l'assurer -races à Dieu, la santé de S. M. ne fut jamais meilleure qu'elle est maintenant, très aise que V. M. ne passe point outre en son voyage qui n'eût pu qu'augmenter son indisposition, de laquelle il m'a témoigné avoir un tel ressentiment qu'il n'a pu r tes larmes, étant venu jusques à ce point de me dire que s'il apprend qu'elle continue il ira incontinent en poste r \. M (Bibl. nat., Nouvelles acquisitions fran-
çaises 5121, fol. 74).
2. Voyez la correspondance échangée au cours du voyage .ntr. |.,,im Mil et Gaston d'Orléans (Bibl. nat., ms. Baluze348, I..I. i i 1625, et Arch. nat., KK 1355, fol. 93-94). Un
mollit uV préséance s'éleva à Boulogne entre le duc de t.haulnes et M. d'Aumont pour la réception d'Henriette de li. h,
respect de laquelle les lui fît graver dans le cœur et les observer religieusement, dressa une instruction1 ample, pleine de piété et de prudence, qu'il mit entre les mains de la Reine sa mère pour la lui donner, comme le plus précieux et le dernier gage de son amour.
Cette instruction est si pleine d'enseignements qui peuvent utilement servir en semblables occasions, que ce seroit ravir un trésor au public de ne la pas exposer à la vue de tout le monde. C'est pourquoi nous la mettrons à la fin de ce volume2. Elle fut donnée et reçue avec larmes.
La reine d'Angleterre l'emporte, s'embarque le 24e juin3, arrive dès le soir à Douvres, où le roi d'Angleterre la vient trouver le lendemain.
Laissons-les-y pour quelque temps en repos goûter les plaisirs de leur première entrevue, mais en sorte,
1. Cette instruction est formellement attribuée au Père de Bérulle par l'auteur de sa Vie manuscrite, t. I, 1. V, p. 180, conservée dans les papiers de l'Oratoire (Arch. nat., M 232). Voyez aussi les mentions qui figurent sur les manuscrits de la Bibl. nat., Dupuy631, fol. 82, Cinq-Cents Colbert2, fol. 107.
2. L'instruction était primitivement insérée dans le corps du récit; elle occupe les fol. 176 v°-183 du manuscrit A. Une note de Sancy indique qu'elle doit être omise dans la transcription de ce manuscrit; aussi ne figure-t-elle pas dans le manuscrit B. Nous en donnons le texte à l'appendice I du présent volume.
3. Le 22 juin, d'après les documents contemporains. Voyez L. Batiffol, la Duchesse de Chevreuse, p. 67, et une lettre d'Herbault à l'ambassadeur à Venise Aligre, du 27 juin 1625 : « La reine d'Angleterre passa dimanche dernier, 22e de ce mois, à Douvres; son passage fut en trois heures et tellement heureux pour sa personne qu'elle n'y reçut aucune incommodité ni indisposition » (Bibl. nat., KR 1361, fol. 385 v«).
toutefois, que nous ayons toujours l'œil tourné vers eux pour les revenir trouver ci-après.
Mi intenant retournons au légat et à sa négociation si [importante, qui dès longtemps nous appelle, et], comme un gouffre, entraine notre discours.
Incontinent après l'arrivée du légat auprès de S. M.1, avant que d'entrer en négociation avec lui, il lui fut demandé, de la part du Roi, s'il avoit pouvoir valable du roi d'Espagne pour l'accomplissement de ce qui seroit convenu avec lui. Sur quoi il assura qu'il seroit b'ui) avoué de la part d'Espagne de ce qu'il traiteroit avec S. M. D'ailleurs le Pape ayant donné parole semblable au sieur de Béthune, son ambassadeur à Rome, S. M. ne voulut différer de se faire, traiter avec ledit [>om témeigner la particulière confiance qu'elle prenoit en la parole de S. S. et en la sienne, et pour
1. Les Mémoires reproduisent jusqu'à la page 118 la « Relation sommaire de ce qui s'est passé en la négociation de M. le cardinal Barberin, légat en France », envoyée aux ambassale 4 octobre 1625 (Aff. étr., Rome 37, fol. 262-266). Avenel a publié, t. II, p. 142-145, un fragment de cette relation, dont le mémoire intitulé « Négociation du cardinal Barberin » nu ntionne l'envoi : « L'on dépécha divers courriers à tous les ambassadeurs et ministres du Roi étant hors du royaume pour leur donner avis de ce qui avoit été traité avec le légat et des causes pour lesquelles le Roi n'avoit entendu à ses propositions. Par toutes les dépêches, l'on se louoit des bonnes et sincères intentions du légat, mais l'on témoignoit que le Roi a\«it occasion de se plaindre de ce que le Pape avoit envoyé son neveu en France sans aucun pouvoir que de faire des promis que S. M. ne pouvoit avec raison juger recevables » ir., Rome 37, fol. 341 v°). Ce document, d'abord transir le manuscrit A sous sa forme originale, a subi d'assez nombreuses modifications ; nous signalerons au fur et à mesure les plus importantes.
montrer plus clairement ses bonnes intentions au bien de la paix.
La première proposition dudit légat fut une suspension d'armes. S. M. ne la put ni ne la dut recevoir et accepter1, parce que cette surséance ne pouvoit produire aucun effet que de donner loisir aux adversaires d'assembler leurs forces et de se former contre celles de S. M. et de ses alliés, joint qu'il étoit nécessaire d'avoir convenu des articles de la paix auparavant que traiter une trêve2, suivant l'ordre et l'usage accoutumé, et qu'il étoit évident que les conditions n'en seroient pas moins difficiles à établir que celles du principal différend, qui pouvoit être terminé en peu de temps, sur le fondement du traité de Madrid, y ajoutant ce qui seroit jugé convenable pour la religion catholique.
La seconde proposition fut sur le sujet de la satisfaction du Pape pour ce qui s'étoit passé en la Valteline. On lui dit que le Roi n'avoit jamais consenti3 le dépôt des forts qu'à condition d'un temps limité, dans lequel S. S. devoit faire exécuter le traité de Madrid ; que les longues négociations qui s'en sont ensuivies, sans venir à l'effet du rasement desdits forts, les décla-
1. Comparez Rome 37 : « La première proposition dudit légat a été la suspension d'armes faite en tel temps qu'il a été bien reconnu que S. M. n'avoit pu ni dû la recevoir et accepter... » Ce texte a été corrigé par Sancy sur le manuscrit A.