Angleterre 33 : « j'ajoutai
Sur ces considérations, il conclut que S. M. ne <1< \<>it faire aucune difficulté de s'engager à la continuation du paiement de Mansfeld pour autant de temps qu'elle avoit déjà promis1;
Qu'elle devoit assurer aussi l'exécution du traité secret lait pour l'entretien de l'armée de Danemarck en Allemagne2;
Qu'elle pouvoit davantage accorder une levée de
valerie de 2,000 chevaux, et suffisante à l'effet désiré des Anglois, et qu'il n'en pouvoit arriver aucun iixoiiN. nient, pourvu que l'embarquement s'en fit à Dieppe <t non en Picardie, de peur que la proximité de la Iront ière ne donnât lieu aux Anglois d'entrer en Artois par la France, et que la levée ni l'entretien de troupes ne se fit aux dépens du Roi, ce que les An-lois consentiroient indubitablement, .vu qu'il ne
1. Comparez la lettre de Richelieu à Klliat, 30 mai 1625 : « Je vous dis encore avec ma franchise qu'il y a tant de raisons pour ne faire pas la ligue, raisons importantes autant à l'Angleterre comme à la France, que si le Roi la faisoit il témoigner<>it n'aimer pas le roi comme il fait. Je vous dis plus qui est <|u- . si le roi d'Angleterre ne veut point employer sa flotte, la continuation du paiement de Mansfeld est inutile, mais le Roi l'affectionne tellement que, s'il se sert de sa flotte, il reconnoîl qu'une diversion puissante lui est nécessaire. Et partant je juge comme de moi que le Roi lui accordera une continuation du |>ai<m>nt de Mansfeld pour quelque temps. Voilà à quoi aboutira l'affaire, vous assurant que la ligue ne se fera point et ne se peut faire » (Aff. étr., Angleterre 33, fol. 153).
2. Aux termes d'un traité conclu en avril 1625 avec l'envoyé de l'électeur de Brandebourg, Belin, le roi de France s'engageait à payer aux rois de Suède et de Danemark une somme de un million de livres en deux ans.
seroit pas juste de leur donner ce secours autrement qu'ils nous prêtent leurs vaisseaux, savoir est aux frais de ceux qui les emploient1.
Il dit que, par ce moyen, nous demeurerions en parfaite intelligence avec les Anglois, nous les embarquerions à la guerre, puisqu'ils ne pouvoient recevoir notre assistance qu'à cette condition, et que nous nous réserverions le pouvoir de faire la paix en Italie, puisque nous ne nous obligerions point envers eux à ne la faire pas, et qu'en effet nous ne faisions rien qui dût empêcher l'Espagne de traiter avec nous pour ce qui est de l'Italie, vu que les affaires le requéroient, et qu'ils ne dévoient pas trouver étrange si, lorsque nous étions mal avec eux, nous nous étions engagés à ce que dessus, puisque ce n'étoit qu'un échange du secours que nous avions reçu des vaisseaux anglois contre nos rebelles2.
Il dit davantage, en rebattant ce qu'il avoit déjà
1. Le paragraphe qui précède et les deux suivants sont inspirés de 1' « Avis sur les propositions de M. le duc de Buckingham » : « Quant à la dépense on l'évitera avec raison, n'étant pas juste qu'on leur prête ce secours autrement qu'ils nous prêtent les vaisseaux, savoir est aux frais de ceux qui les emploient. La descente de l'armée angloise ne se pourra faire par la France si on stipule particulièrement que les Anglois embarqueront la cavalerie qu'on leur prête à Dieppe, ce qui se fera insensiblement sous le prétexte que la cavalerie a été levée en Normandie et que le pays a été ruiné par le premier embarquement fait en Picardie. »
2. Au reste, concédant ce secours demandé, comparez 1' « Avis » : a Tandis que nous sommes mal avec Espagne, pour ce qui est de l'Italie, s'il arrive qu'on fasse la paix, on leur fera connoitre qu'on ne peut manquer d'effectuer ce que l'on a promis qui
taché1, <jue si, au commencement de notre alliance, lu Valois ne pouvoient espérer le secours qu'ils désiroient de nous2, la France ne devoit jamais attendre non fruit de ce mariage, et que, si on laissoit ralentir l'ardeur qu'ils a voient à la guerre, dans le com- Beneement du règne de ce roi, où d'ordinaire on se veut signaler, et dans l'occasion du Palatinat, où il alloit de l'intérêt de tout le bien de son beau-frère, jamais on ne pourroit les y échauffer en autre occasion; étant clair qu'en certains temps on fait beaucoup ptor peu de chose, et lorsqu'ils sont passés on n'y [«■ut plus revenir, quoiqu'on veuille y travailler et dépendre beaucoup davantage3.
n'est que pour un temps; on justifiera davantage qu'on l'a dû faire, parce que ce n'est qu'un échange du secours qu'ils nous ont donné des vaisseaux. »
1 \ngleterre 33 : « Je dis davantage en rebattant ce que j'avois déjà touché... »
• mparez 1' « Avis » : « En quelque façon que ce soit, il faut les contenter, car si, au commencement de notre alliance, les Anglois ne peuvent espérer le secours qu'ils désirent de nous, il faut jamais attendre aucun fruit de ce mariage avantageux pour la France, et si on laisse ralentir l'ardeur qu'ils ont à la guerre dans le commencement du règne de ce roi, où (l>rdinaire on se veut signaler, et dans l'occasion du Palatinat, où il va de l'intérêt de tout le bien de son beau-frère, jamais on ne pourra les y échauffer en autre occasion, mais cependant aux conditions les moins onéreuses qu'il se pourra. »
3. Le manuscrit B portait tout d'abord : « quoiqu'on y veuille faire beaucoup davantage ». L' « Avis sur les propositions du duc de Buckingliam » avait exprimé la même pensée : « Etant : un qu'il y a des temps où pour peu de chose on fait beaucoup. Itiqiili étant passés on n'y peut plus revenir, quoiqu'on veuille faire beaucoup davantage » (AfT. étr., Angleterre 33, fol. 222). Le mot « dépendre », qui manque à la fois dans la
Il représenta, de plus, qu'étant incertain si nous aurions la paix avec l'Espagne, puisque le légat ne faisoit nulle ouverture1 par laquelle on vît qu'elle se pût faire, quoiqu'on lui eût fait témoigner par voie secrète, mais suffisamment autorisée pour qu'il y ajoutât foi, qu'en considération du Pape et du bien de la chrétienté on s'y porteroit, pour après embrasser des desseins très avantageux à la religion catholique.
Et le sieur de Béthune nous ayant donné avis2 de l'incertitude et du changement qui arrivoit souvent es résolutions de S. S., par les divers artifices et intimidations des partisans d'Espagne ;
Nul ne pouvant douter encore de l'humeur des Espagnols, dont la principale maxime et prudence consiste à attendre leur temps et ne le perdre pas; n'ayant autre foi que celle à laquelle la nécessité de leurs affaires les oblige, et n'étant jamais portés à la raison que par contraire3 ;
L'expérience faisant, de plus, connoître qu'en
relation et le manuscrit A, a été ajouté en cours de révision du manuscrit B. — Var. : quoiqu'on y travaille et dépende beaucoup davantage (ms. Français 17542).
1. Angleterre 33 : « Je représentai en plus qu'étant incertain si nous aurions la paix avec Espagne, en ce que le légat ne faisoit nulle ouverture... ». Sancy a corrigé le manuscrit A, remplaçant « en ce » par « puis ».
2. Angleterre 33 : « qu'étant davantage averti par le sieur de Béthune ». La correction a été faite sur le manuscrit A, ' également par Sancy.
3. En regard de ce paragraphe figure, dans la relation originale, une note marginale de Charpentier : « Témoin le traité de Madrid et de Verceil, sans remonter plus haut dans l'histoire. »
matière <le ligue on doit être grandement soigneux .lot. r tout sujet d'appréhension* aux collègues les plus (bibles2, d'autant que, quand elle les surprend, ils se portent facilement à y chercher remède par des crets, il n'y avoit personne qui, avec jugenu 'nt, pût être assez hardi pour donner conseil au Roi de se séparer des Anglois, en sorte que, n'espérant ■H de lui ce qu'ils en pourroient désirer pour le Palatinat, ils eussent lieu d'entrer en quelque traité avec l'Espagne, ou au inoins ils se déportassent à la vue de tout le inonde d'entreprendre contre elle3. D'où il arriveroit indubitablement que la paix entre nous et elle* seroit impossible, ou au moins plus difficile; que nos « imt'ini.s prendroient courage et ne perdroient pas leur temps, et que nos collègues se dégoûteroient et nous s« roient peu assurés.
M. ri» ut pas plutôt entendu cet avis qu'elle n'estimât qu'il le falloit suivre, et qu'en cette conjoncture li mue prudence et toutes sortes de raisons la dévoient porter i taire la paix entre lui et Espagne pour H <|ui est de l'Italie, et laisser la guerre d'Allee entre la maison d'Autriche, ses partisans et les Anglois.
Partant, elle commanda de rendre cette réponse au due de Buckingham, que par après elle continua de sa bouche; le priant de faire en sorte, envers le
! \ngleterre 33 : « toute apparence de crainte ». 2. La relation porte également, en ce point, une note de Charpentier : « On a avis que Venise branle. »
wigleterre 33 : ■ d'entreprendre rien contre eux ». 4. Angleterre 33 : « la paix entre nous et Espagne ». V 7
roi son frère1, qu'il n'acceptât point le secours qu'il lui offroit, s'il n'étoit résolu de faire quelque grand effort capable de produire l'effet qu'il désiroit pour la restitution du Palatinat, et qu'il lui donnât parole qu'il ne se feroit rien en Allemagne, soit en paix, soit en guerre, sans son consentement2.
Il arriva aussi un ambassadeur extraordinaire de Hollande3 pour la même fin; mais le Roi, pour les mêmes raisons d'État, n'y put condescendre.
Buckingham, qui étoit venu sous le prétexte de hâter le partement de la reine d'Angleterre, le sollicita avec tant de soin qu'elle partit de Paris le 2e jour de juin4 pour aller s'embarquer à Boulogne, où les vaisseaux du roi d'Angleterre la vinrent recevoir.