‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 49 sur 89 · Le combat naval du Pertuis-Breton · texte numérisé non relu

Le combat naval du Pertuis-Breton

DE R!< HFUEU.

et ;i tons 1rs jours des agents à sa Porte pour empêcher qu'elle ne se rompe;

Ouc si le Roi ttoit contraint de faire la paix pour ces raisons. Dieu, qui pénètre les cœurs, connoissant la sainteté de ses intentions, les feroit connoitre au monde et dooneroH bon succès à la première entreprise pour taire missir la seconde;

Que le secours que Messieurs du clergé donneroient au Roi ne seroit point perdu, S. M. en pouvant conserve! le fonds, et acquérir une grande réputation et probité de foi du tout nécessaire dans les affaires publiques, si, au cas que pour le présent il ne faisoit point la guerre au dedans, il disoit à ces Messieurs qu'il ne vouloit pas toucher leur urgent maintenant, mais qu'il désireroit qu'ils le conservassent avec leur bonne volonté, pour s Vu aider lorsque les mauvais déportements des huguenot s lui donneroient lieu de s'en servir à propos;

Que, pour conclusion, après avoir considéré tout ce que dessus, toutes raisons de prudence sembloient convenir à n'avoir pas deux guerres à la fois; mais que d'autant que Dieu fait souvent des miracles pour la France, qui! les falloit particulièrement attendre en ce sujet. Et afin qu'en outre nul ne pût dire qu'on se seroil préeipité sur des ombres, il estimoit que le vrai conseil qu'on devoit prendre étoit de tenir les affaires en étal que l'on pût avoir la paix au dedans que l'on VOtldrOtt, et cependant ne la eonelnre pas pour les consi.l. talions suivantes :

Qu'il «toit I propos d'attendre des nouvelles d'Italie, pour lavoir comme les aflEurea turoienl bug

et quelles inees auroient ceux qui servoient le

i attendre aussi de diverses entreprises «pie

l'on avoit en Languedoc, lesquelles il falloit hâter le plus qu'il seroit possible ; de savoir ce qu'auroit produit la dernière dépêche que l'on avoit envoyée à Blainville, laquelle lui donnoit pouvoir de parler hautement, s'il jugeoit que les Anglois demeurassent en l'obstination de ne donner point de contentement au Roi, et s'ils étoient disposés à secourir la Rochelle comme il avoit déjà mandé; d'attendre des nouvelles de M. de Montmorency, pour voir si les Hollandois étoient résolus de servir le Roi fidèlement contre la Rochelle, ou si, comme disoit M. de Toiras1, ils ne le feroient pas; de voir aussi ce que diroient sur ce sujet les sieurs Aerssen 2 et Buckingham, avant la venue duquel, s'il avoit à venir, il étoit du tout nécessaire de faire partir les députés qui iroient en Languedoc et à la Rochelle pour éviter les importunités et sollicitations qu'il feroit en leur faveur; et, en outre, de faire auparavant séparer l'assemblée du clergé.

Que si l'on avoit de bonnes nouvelles de toutes parts, l'on pourroit continuer la guerre, entretenant toujours quelque pratique secrète de paix ; si aussi l'on en avoit de mauvaises, il faudroit faire la paix en effet.

Et pour ce3 qu'il seroit fort difficile de tenir les affaires en tel tempérament, que présentement l'on s'exemptât de conclure paix ou guerre avec les hugue-

1. Toiras fut nommé gouverneur de l'île de Ré par lettres de provision du 2 décembre 1625.

2. Aerssen (ci-dessus, p. 165) avait eu sa première audience le 30 novembre 1625 [Calendar of State Papers, Venice, t. XIX, p. 235).

3. Ces trois mots ont été ajoutés par Sancy sur le discours original (France 246, fol. 37 v°); c'est la preuve que ce document a été entre les mains des rédacteurs des Mémoires.

DE IUfHKLlEU. l'JT

iiots. d'autant qu'étant BOnpçoMMB comme ils sont, ils presseroieol fort une conclusion, toutefois l'on iMJWItiil s'exempter de conclure par le moyen (|iii -uit :

Qu'il faudroit dire aux députés du Languedoc que le Roi vouloit leur donner la paix, s'ils la savoient prendre; mais que, pour l'honneur et réputation, S. M. ne vouloit pas ouïr parler de la jonction qu'ils "iidoient faire avec ceux de la Rochelle1, parce qu'elle témoignoit faction et parti.

Perlent, que c'étoit à eux d'accepter la paix sans jonction, ou, s'ils n'en avoient le pouvoir, envoyer quelqu'un d'entre eux pour y disposer leurs provinces.

Que, pour porter à ce que dessus les plus mauvais, il I .uidroit leur faire connoltre bonnement que cette séparation d'union désirée par le Roi ne faisoit pas (ju'il ne voulût en effet donner la paix à la Rochelle, pourvu qu'ils la reçussent à des conditions qui pussent compatir avec la dignité et réputation du Roi, qui, autrement, recevroil ^rand préjudice par la calomnie et le zèle inconsidéré de plusieurs catholiques;

Qu'il faudroit même, pour mieux jouer ce person-

que quelques-uns des ministres parlassent, non

<!<• la péri <lu Rot, mais comme d'eux-mêmes, en grand

I ; leur donnassent péri de quelques-unes des

conditions que l'on dësiroU en la paix, avec la plus

douce sauce qu'us pourroient, leur disant que l'on

»it celles qui senihloienl les pins rudes, plus pour reppereoce et pour éviter le l»ruit des catholiques* qu'autrement, pourvu qu'au même temps que l'on

1. Franc»* 2/*6 : « avec la Rochelle ». ] I rance 246 : « cagot» ».

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joueroit ce personnage avec Bellujon et quelques autres qu'on choisiroit, l'on parlât hautement de guerre ;

Qu'il y avoit grande apparence que l'on obtiendroit d'eux qu'un de leurs députés de la Rochelle demeurant en cour1, l'autre s'en retournât pour faire agréer lesdites conditions, et que Madiane2 et du Gros3 iroient pareillement en Languedoc, La Milletière4 et le baron d'Aubais5 demeureroient ici.

Cela étant6, si l'on faisoit connoître auxdits Madiane7 et du Cros que l'on voulût donner la paix à la Rochelle à conditions supportables, desquelles même on leur

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