‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 48 sur 89 · Octave Piccolomini · texte numérisé non relu

Octave Piccolomini

il t alinéa, ainsi que les trois suivants, ne faisait pas parlie du discourt original; ils apparaissent pour la première fois dans le manuscrit A. On n'a pu en trouver la source.

3. Lesdiguières préconisait la conclusion de la paix avec les >tants dans un mémoire adressé au Roi en octobre : « afin if ri.- point unir les Kspagnols et huguenots, qui seroit une faction la plus dangereuse qui puisse attaquer la dignité du Roi » (Actes et corrcsp. du connétable de Lesdiguières, t. II, p. 421).

'• Uaude de Bullion avait été chargé de l'intendance des finances et justice à l'armée de Gênes. Sur les attaques dirigées contre sa gestion, voyez Mercure francois, t. XI, p. 522, < i l.s t.iiiuignages de confiance que lui adressèrent Herhault et Le Beauclerc (Bihl. nat., ms. Français 9M4, fol. 93 et 99, 2'.* juill.t 1625). Il écrivait le 6 novembre à Bellujon : « Ne vous I.iss. / point el laites tout ce que vous pourrez pour pro-

I un i la |.ai\ publique au dedans... Je vous confesse que je ne suis ni huguenot ni espagnol et que je n'ai pour but que de

s il plaît à Dieu, dans sa crainte, sous l'obéissance du

maître; il m'est toutefois impONiblc d'approuver les avis de

■ • ii x .pii, sous couleur de l'extirpation de l'hérésie, veulent

iner de tous côtés les fleurs de lis et nous veulent taire

qu'il n'\ a moyen de se sauver qu'en reconnoissant l'au-

etpagnota, en ruinant nos alliés, et d'une extrémité vont

à l'astre, disant qu'il vaut mi< u\ être espagnol qu'huguenot.

II ne faut être ni l'un ni l'autre, mais demeurer dans les

noient de faire la paix avec les huguenots dévoient donner à penser et à craindre que, lorsque ce bon homme peu zélé, et catholique, comme tout le monde croit, de légère teinture, verroit la guerre intestine bien allumée, il ne ralentit le cours des armes du Roi en Italie, lesquelles, jusqu'à présent, il n'avoit pas menées trop vite, expressément pour contraindre le Roi à ce à quoi il le convioit maintenant par cet avis1 ;

Que la crainte qu'il y avoit d'employer en cette guerre des personnes aussi négligentes à faire leur devoir, comme l'on rapportoit que M. de Praslin2 étoit

maximes du gouvernement du feu Roi, qui est mort meilleur catholique que tous ces nouveaux catholiques zélés espagnolisés » (AIT. étr., Turin 6, fol. 399).

1. Le manuscrit A contenait des accusations plus précises contre Lesdiguières : « Que les conjectures et présents indices que le procès de Drevet donnoit du peu de fidélité de ce bon homme, avec le sujet qu'on avoit de soupçonner d'ailleurs qu'il eût, en commencement, ralenti l'entreprise de Gênes, lorsqu'il avoit pensé en tirer de l'argent, étoient considérations de très grand poids. » Cet alinéa a été supprimé lors delà révision du manuscrit. Sur les menées de Drevet, qui s'était donné en Espagne comme l'envoyé du connétable, tout en intriguant en faveur des rebelles huguenots, voyez la demande d'explications adressée par Herbault àBullion, le 21 février 1625 (Arch. nat., KK.1361, fol. 135). Voyez le jugement porté sur Lesdiguières dans les Maximes d'État, p. 38.

2. Sur les mesures d'ordre militaire prises devant la Rochelle, voyez la lettre déjà citée d'Herbault à Béthune : « L'on fait venir de l'armée de Champagne les régiments de Piémont, Manicamp et de Beuvron, les compagnies de gendarmes de la Reine et de Monsieur. L'on fait pourvoir à tous ustensiles et munitions de guerre et de vivres pour cette entreprise du côté de la terre ferme et de mer; l'on commet plusieurs officiers capables, et l'on a mandé à M. le maréchal de Thémines pour commander conjointement en cette armée avec M. le maréchal

[1625] DE lui IIKI.IEU. 191

u\, non seulement de ne faire pas de mal à ceux de II Kochelle, mais, en outre, «le leur permettre d'en I m. ;ni\ sujets du Roi et s'avantager au préjudice de >■■ propre réputation, devait bien mûrement faire M l'embarquer DM en un dessein dont il ne revient que préjudice et honte;

Que les divers discours de M. de Montmorency, qui promettoit tantôt de faire des mei\eilles, et disoit par eprèa ouvertement, a la première piqûre de mouche, qu'il aerviroil mal. joint se^ inégalitéa ordinaires, dévoient être bien considérés en cette occasion, (|ii<»i«ju. lee I lui njs tissent souvent bien, lors même qu'ils parloient mal1;

Que le peu de sûreté qu'il y a aux grands, parmi lesquels >» trouve peu de capitaines pour faire tête à <\ composée de vieux soldats, commander par un tel chef, devoit faire penser mûrement à cet inconvénient;

Qu'il etoit aisé de remédier à l'appréhension que

de Praslin » (21 novembre). L'ordre avait été donné par le Roi I Théorises, le 13 novembre 1625, après l'échec de l'attaque sur I. I <• Faisant considération sur l'état £•

de mes affaires et re<-nnn<>issant que ceux de la Rochelle m'entretiennent <i«- belles paroles, sans me donner aucun effet ;i fidélité, el que leur désobéissance ne me permet pas de r la paix à tout mon royaume, comme j'aurois désiré, j'ai résolu, ayant égard qu'en mon armée d'Aunis il offriroit un digne emploi pour deux maréchaux de France, de me servir de vous en cette importante occasion » (Aff. étr., France 1627, loi. 245).

1 Bar Ufl pi "positions faites par Montmorency en vue d'une !.i Rochelle et le mauvais an ucil qa'ellei rencontrèrent à la cour, voyez le récit donné pif s du Cros, op.

l'on avoit que les Anglois et les Hollandois assistassent la Rochelle en une autre occasion, et qu'en faisant la paix on les pouvoit obliger à seconder le Roi une autre fois à ce dessein, étant certain qu'ils désiroient avec grande passion que les troubles du dedans du royaume s'apaisassent maintenant, et que si l'on leur faisoit connoître que le Roi, mettant sous les pieds ses propres intérêts, vouloit donner la paix à son royaume, pour vaquer plus puissament aux affaires qu'ils ont contre les étrangers, pourvu qu'ils s'obligent d'en prendre revanche, en assistant ouvertement S. M., lorsque, par après, il voudra avoir raison de ses rebelles, indubitablement ils s'y porteroient.

Ou si, au contraire, l'on continuoit la guerre et étoit vrai que Buckingham agît par boutade et non par raison, il étoit à craindre qu'il ne leur fît donner quelque secours sous main, qui rendît cette entreprise de longue haleine et par conséquent de douteux événement, vu qu'outre que les François ne demeurent pas longtemps en même résolution, il pouvoit arriver beaucoup d'accidents qui la feroient changer.

Au reste, quand même la paix seroit faite avec l'Espagne, elle ne sauroit être exécutée de six mois, et que c' étoit chose ordinaire aux Espagnols de ne tenir ce qu'ils promettent, et dont ils conviennent par traité, que lorsqu'ils ne s'en peuvent empêcher et que l'on les peut contraindre.

Ce qui montroit bien que la paix étoit nécessaire au dedans, vu que, si elle n'y étoit pas, on seroit si empêché à y vaquer à la guerre, que l'on n'auroit pas lieu de faire exécuter la paix du dehors ; et sans doute les Espagnols n'oublieroient rien de ce qui leur seroit pos-

M Kl< HKI.1EU. M

sible |><>ur fomenter n<»s divisions intestines, pour oe que le traité l'ait avec eux demeurerait sans effet;

Que 1rs affaires d'Allemagne étoienl en tel étal que, m le Roi les aliaudonnoit. la maison d'Autriche M reodroit maîtresse de toute l'Allemagne, et ainsi sçeroit la Fiance de tous cotés. Or est-il que, si le Roi avoit la guerre en France, il ne pourroit secourir les princes de la Germanie opprimés; ou, au con- : i m. . s il avoit la paix dans son royaume, sans entreprendre la guerre de son chef, il pouvoit, en assistant km princes1 d'argent sous main, et les Anglois de quelque cavalerie, aidera rendre la liberté à ses anciens iillu -s , restituer la paix à l'Allemagne et y remettre les ehesea en une juste balance; que, si l'on n'y pourntement, la maison d'Autriche, dans six ans au plus tard, lorsqu'elle n'auroit plus rien à conquérir en Allemagne, taeheroit de s'occuper en France dépens4; et s'il est vrai que l'on tient une place perdue quand tous les dehors en sont gagnés, il seroit

■ lindre qu'elle nous feroit bien du mal ;

1 Ki, m e 246 et première rédaction du manuscrit A : « en aidant lei princes . Sancj a substitué à € aidant » « tS&ÎS-

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l. Le discourt portait primiti Fraient : « aider à rendre la IiImii. ,ih\ prince» opprimât ■. tel dam dernière awta ont été OOrrifél par le < ardiaal (France 246).

i\ mots ont été ajoutés par le Cardinal dans l< .lis inal (France 24

• e 246 et premier* rédafetfOO <lu manus-

erit v " Que »i l'on n'\ pourvoit maintenant, dani lis aiiN.iu

pie la maison d Latricn* n'aare piu rien à eon*

■ en \ll<inagne, elle tâchei r en Krance à

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Que la calomnie ne dureroit qu'un mois ; le bon succès que l'on pourroit avoir au dehors l'étoufTeroit incontinent, ceux qui sont capables de raison considérant bien qu'ainsi que, si le Roi rasoit le Fort1 par la paix, l'on pourroit dire qu'elle seroit honteuse ; aussi, pour la faire honorable, c'étoit assez, pendant que l'on est occupé au dehors, de maintenir les choses au dedans ainsi qu'elles étoient auparavant ; de façon que si, passant plus avant, le Roi donnoit la paix après avoir gagné une bataille2, conservant les îles qui en sont le fruit et les dépouilles, et réduisant les huguenots à des conditions beaucoup pires qu'ils n'avoient jamais été, elle seroit glorieuse et telle qu'elle ne pourroit être improuvée que de ceux qui seroient aveugles par passion ou par un zèle inconsidéré ; n'y ayant homme de jugement qui ne connoisse que quiconque entreprend deux grandes guerres à la fois se confie plus à son bonheur et à sa fortune qu'à sa conduite et à sa prudence ;

Que jamais le Turc, pour puissant qu'il soit, n'a guerre avec le Persan qu'il ne fasse la paix avec les chrétiens. L'Empereur, ayant maintenant la guerre en Allemagne, n'a rien oublié pour faire la paix avec lui,

1. Annonçant la première demande de paix présentée par les Rochelais, après la bataille navale, Herbault écrivait, le 25 septembre, à l'ambassadeur Aligre : « S'ils demandoient la paix sans condition aucune, j'estime que la bonté du Roi se pourroit étendre jusques à ce point de leur faire grâce ; mais, s'ils persistent dans leurs propositions du rasement du Fort-Louis dans certain temps qui leur avoit été promis, et autres grâces qu'on leur avoit fait espérer, je ne crois pas qu'ils soient reçus » (Arch. nat., KK 1462, fol. 207).

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