‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 5 sur 89 · Première version du manuscrit A : « Le Cardinal, au con · texte numérisé non relu

Première version du manuscrit A : « Le Cardinal, au con

prendre il falloit voir et considérer mûrement quelle étoit la face des affaires présentes en toute la chrétienté ;

Qu'il sembloit que toutes choses conspirassent maintenant à rabattre l'orgueil d'Espagne;

Qu'il n'y avoit personne qui ne sût l'état des armes du Roi en Italie, qui étoit tel qu'en un mot il étoit maître de la Valteline et que difficilement Gênes pouvoit-il éviter d'être pris ' .

Celui des Pays-Bas étoit aussi connu d'un chacun ; le siège de Bréda, dont l'événement à la vérité étoit incertain, au moins portoit-il ce préjudice aux Espagnols que, quand même ils l'auroient pris, leur armée seroit tellement ruinée qu'il leur2 seroit impossible de faire aucun effet notable de tout l'été, vu, principalement, que les États avoient, outre leur armée ordinaire, celle de Mansfeld, capable d'empêcher, pour cette année, que l'armée de Spinola ne fit en leur pays ou ailleurs autre progrès que celui de Bréda, quand même ils ne pourroient secourir la place à cause que de longtemps les assiégeants s'étoient retranchés et fortifiés 3 ;

traire, voyant d'un cœur assuré toute cette tempête, dit au Roi ce qui s'ensuit. »

1. Lesdiguières s'était emparé, le 26 avril, du château de Gavi. Marquemont écrivait le 5 mai, de Rome, au cardinal de la Valette : « L'on tient l'effroi et la confusion être si forts parmi eux [les Génois] que quand l'armée sera à vue de leur ville ils parleront incontinent de composition » (Bibl. nat., ms. Français 6644, fol. 82).

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