‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 72 sur 89 · MM · texte numérisé non relu

MM

.1 nhnouu de nt»ii> « 1 11 ' 11 11 inouï. Mil duquel dépend votre étern i t.- que vous devez passer l'iiim paradis a\er Dieu si vous bien, ou en enfer avec les teints malins si vous «> mal.

venez-vous que vous êtes fille de l'Église etquec'est principale qualité que vous ayez et que vous a un ■/. jamais i est < elle rjui vous donne entrée au ciel; tira tKgi tés, comme venantes de la terre, ne passent point la terre, mais celle-ci, comme venante du ciel, renne source et vous y élève. Rendez grâces à

I)i<u chaque jour de ce qu'il vous a fait chrétienne et catholique - -stimezce bienfait comme il le mérite et con- / qu'ainsi qu'il nous est acquis et communiqué par i\auv et par le sang précieux de son fils unique Jésus-Christ notre Sauveur, il doit être aussi conservé par nos peines et même au prix de notre sang, s'il en est besoin. Offre/ votre âme et votre vie à celui qui vous ir sa puissance et rachetée par sa bonté h misépriez-le et le faites prier incessamment qu'il le don précieux de la foi et de la g et qu'il lui plaise que vous perdiez plutôt la vie que déchoir. Vous êtes petite-fille de saint Lotus; je veux i|u< roof reeeriei de moi en ce dernier adieu la même insirin lion qa>'il recevoit soureut de sa mère qui lui disoit qu'elle aimoit miens le voir mourir que de le voir offeniet Dion, qui est notre tout «-t notre rie. (''est cette instruction qui | i ommenoé ■ le faire saint et qui l'a rendu digne d'emploj( et sa couronne pour le bien de la foi et

letton il. l'Eglise. Sovez ferme et zélée en la religion qu'elle roui et pour la défense de laquelle ce saint.

\otre bisaïeul, a exposé sa vie et est mort saint et fidèle . -litre les infidèles et pervers. N'écoutez et ne souffrez jamais \oire présence on dise rien de contraire à votre créance et à votre religion. Nous avons les proi

; de la Grande-Bretagne et du roi son file, rotre Henri,

qu'on ne le fera pas; mais il est de besoin que vous apportiez de votre part une si ferme résolution et une telle sévérité en ce point que, si quelqu'un vouloit entreprendre le contraire, il aperçoive aussitôt que vous ne pouvez souffrir cette licence. Votre zèle et votre courage seront fort bien employés en ce sujet et, dans la connoissance que vous avez de ce qui est nécessaire pour votre salut, votre humilité sera estimée, si vous fermez les oreilles aux propos qu'on voudroit vous tenir de la religion et remettre à l'Eglise d'en parler pour vous, persévérant en la simplicité de la foi, en laquelle, pour vous affermir de plus en plus, vous ouvrirez votre esprit à ceux qui auront le soin de votre conscience pour leur rendre compte de tout ce qui la regardera. Fréquentez les sacrements, qui sont la vraie nourriture des bonnes âmes, et communiez tous les premiers dimanches des mois, toutes les fêtes de Notre-Seigneur Jésus-Christ et celle de sa très sainte mère, à laquelle je vous exhorte d'avoir une dévotion particulière. Vivant ainsi, vous ferez des œuvres dignes de la foi que Dieu vous a empreinte et que vous devez conserver beaucoup plus chèrement que votre propre vie.

Ayez soin de protéger envers le roi votre mari les catholiques, afin qu'ils ne tombent plus dans la misère d'où ils sont sortis parle bonheur de votre mariage. Soyez envers eux une Esther, qui eut cette grâce de Dieu que d'être la défense et la délivrance de son peuple envers son mari Assuère. Par eux, Dieu vous bénira même dès ce monde, vous fera en leur faveur beaucoup de grâces et tiendra fait à lui-même ce que vous ferez en leur personne. Ne les oubliez pas, ma fille; Dieu vous a envoyée en ce pays pour eux ; car c'est son peuple et son peuple qui a souffert depuis tant d'années. Accueillez -les avec charité, écoutez-les avec facilité, protégez-les avec assiduité. Vous le devez, car ils sont recommandables, non seulement à cause des afflictions qu'ils ont reçues, mais encore davan-

tage à cause de la religion pour laquelle ils ont pâti. En minaudant ceux-ci, je n'entends pas que vous oubliiez en m»> charités et en vos fimtm ceux mêmes (|in sont d'une autre religion, car c'est assez qu'ils soient en ailliction pour vous obliger à les secourir; et, puisque Dieu vous fait leur reine, il vous oblige conséquemmenl à les assister, et vous le devez faire d'autant plus volontiers que vous devez les édifier par cette voie et les disposer charitablement à sortir de l'erreur où le malheur du siècle les a portés plus que leur propre volonté. En quoi peut-être votre assistance leur donnera sujet de se convertir à Dieu, en sorte qu'un jour ils vous précéderont au rovaume des cieux.

Après Dieu et la religion qu'il a établie au monde pour nous donner moyen de le servir et d'opérer notre salut, votre premier devoir c'est au roi auquel Dieu vous a liée par le sacrement de mariage. Aimez-le comme votre époux et l'honorai comme votre roi, sans que l'amour diminue le respect, ni le respect l'amour que vous lui devez. Ayez toujours une familiarité respectueuse envers lui, le considérant \otr«> ( lui. Hende/.-vous douce, humble et patiente en ses volontés, mettant votre contentement non à vous lire, mais à le contenter. Que s'il y avoit quelque chose a donner ;i Dieu en cela, vous le devez, et si vous le faites, Dieu vous bénira et en la terre et au ciel. Prenez auprès de lui d'autant moins d'autorité en apparence, que plus il s.- portetl pnrea bonté ;t \<>us en donner en effet; votre soin doit être de l'ai met H I et non pas de

régner. Ne faites du tout rien que nous pensiez lui déplaire t. oit soit peu Oui \<>tre conduite lui témoigne comme, après Dieu, tout votre désir est de lui | >l;ii te ; soyez fidèle et secrète en ce qu il rendra, vous communiquer1; c'est ainsi que amour doit é <t conduit en\ers lui, amour

1 \iu'lit.rir, MpplénMnl i : ■ témoigner ».

sincère, humble et fidèle, amour honnête et respectueux. Vous lui devez encore une autre sorte d'amour, c'est un amour chrétien aimant son âme et son salut, l'aimant pour le ciel et non pour la terre. Par cette sainte affection, priez chaque jour et faites prier Dieu extraordinairement pour lui, a ce qu'il daigne le tirer à la vérité de la religion en laquelle et pour laquelle même est morte sa grand'mère. C'est un souhait qu'elle a dans le ciel pour son petit-fils, et ce doit être votre plus ardent désir en la terre; c'est un des fruits qu'il faut espérer de votre mariage, et comme je crois c'est un des desseins de Dieu sur vous, qui vous veut faire en nos jours une autre Berthe, fille de France comme vous, et reine d'Angleterre comme vous, laquelle obtint par sa sainte vie et par ses prières le don de la foi à son mari, et à cette île en laquelle vous allez entrer. Par ce saint désir, vous devez faire effort à vous-même en plusieurs choses qui seront peut-être difficiles à votre humeur; mais vous êtes obligée de vous oublier pour vous rendre davantage a celui que Dieu vous donne, et pour lui complaire en ses humeurs et volontés, j'entends, ma fille, hors ce qui concerne la religion. Car, en ce point, vous devez avoir et montrer de bonne heure tant de constance et de fermeté, que vous ne craigniez1 point de lui dire hardiment et franchement que vous aimeriez mieux mourir que de vous relâcher en la moindre chose du monde en ce qui est de votre religion ; il vous en estimera davantage, étant certain que, s'ilvoyoit que vous manquassiez à Dieu à son occasion, il croiroit aisément que vous manqueriez encore plus facilement à lui-même, puisqu'il n'est rien que l'ombre et l'image de Dieu. Pensez-y bien, ma fille, et vous souvenez qu'il y va de votre salut et de votre éternité. La crainte de ce péril est la seule chose qui me fait trembler eu vous laissant, et

1. Nous suivons la leçon d'Angleterre, supplément 1. Le manuscrit A porte par erreur « croyez ».

UN MHi KS 281

(|ui m a m. u Mines fois arrêter dans le traité de cette alliance. J'ai mon recours à Dieu et la supplie (|u'il vous le « «• danger, et que jamais vous n'écoutiez la voix du serpent <|tii h séduil Eve el qui vous voudrait séduire Il m peut entrer en ma pensée tjm- ce malheur vous arrive, ipère (le la bonté de Dîeo «jim* œU M sera jamais; mais, s il arrivoit, j'ai horreur de penser que je serois contrainte de donner ma malédiction à une personne qui

si chère, ne vous pouvant tenir pour ma fille qu'autant <|in' vous demeurerez fille de Jésus-Christ et de son se, hors laquelle il n'y a point de salut.

iiour que nous devez au roi votre mari vous oblige à aimer ses sujets', à leur donner accès avec lui et à leur pro-

•n tout» occasion tout le bien qui vous sera possible, • mme Dieu vous a fait leur reine, rendez-vous leur

et qu'ils re< onnoissent en vous ces deux qualités. Le mariage vous donne I une, et votre bonté envers eux \oiis doit donner l'autre, qui vous rendra beaucoup plus aimée et honorée. Votre qualité de reine vous lie à l'Angleterre, et, partant, vous devez désormais en considérer les intérêts : et parce qu'un des principaux est d'être inséparablement unie avec ce royaume à qui telle union importe également, vous êtes obligée de vous rendre le lien e: le c 'inieiu de (es deux eouroinies. et contribuer tout ce <|ue nous ponrTM i lent bien mutuel. Il vous sera d'autant plus .lis.,- ,|, latîsfiûn en ce point aux obligations de

i aissance et de votre mariage que vous n'aurez qu'à suivre rinclination et la bonne intelligence qui est entre deux rois, dont l'un est votre frère et l'autre est votre

Page 1