Voyez ci-dessus page
et exactions dont il lui étoit fait tous les jours des plaintes, qu'il lui commande de se retirer présentement en sa maison de Pantfou, si mieux il n'aime se justifier, auquel cas S. M. lui offre telle de ses cours de parlement que luimême voudra choisir. Tronson vient trouver le Chancelier, ainsi qu'il sortoit de table, lui expose sa charge et dit ensuite avoir ordre de signifier aussi le congé à M. de Puyzieulx. Le Chancelier remet de faire sa réponse jusques h ce que ledit sieur de Puyzieulx soit venu. Il l'envoie quérir par deux fois à cause que Monsieur le Connétable étoit lors avec lui dans son cabinet où il avoit commencé à parler d'affaires. Enfin, M. de Puyzieulx, par la permission de Monsieur le Connétable, va trouver Monsieur le Chancelier, son père, pour savoir ce qu'il désiroit, et, ayant appris de la bouche même de Tronson les volontés du Roi, le Chancelier prend la parole et dit qu'il avoit toujours servi le Roi et l'État en homme de bien dans tous les emplois et charges dont il avoit plu au feu Roi son père et à S. M. Régnante de l'honorer, qu'encore qu'il fût très innocent et que sa conscience ne lui fît aucun reproche des choses dont ses ennemis l'accusent, il ne laissoit de recevoir à grande grâce le choix que S. M. lui laissoit de se justifier ou bien de se retirer. Et, après avoir déclaré qu'il acceptoit le dernier parti, dit : « A Dieu ne plaise que je « veuille me justifier contre mon maître irrité! Je ne suis « que trop coupable d'être en ses mauvaises grâces! »; supplie S. M. trouver bon qu'il remette son départ au lendemain et lui vouloir donner le reste du jour pour préparer son équipage. Le sieur de Puyzieulx témoigne aussi de son côté son entière obéissance aux volontés du Roi, retourne trouver Monsieur le Connétable, auquel il dit l'ordre que Monsieur le Chancelier et lui venoient de recevoir et, après avoir été assuré de la continuation de son amitié, se licencie de lui pour donner ordre à son départ... Le Chancelier... part le lendemain h l'aube du jour, avec
toute sa famille, qui reçut quelques huées en passant devant l'hôtel de Schonberg. »
La correspondance du nonce nous a conservé un récit qu'il tenait de la bouche même de Louis XIIL « Le Roi me répondit qu'il vouloit me faire savoir de point en point comment l'afiFaire s'étoit passée et qu'il me commandoit de l'écrire exactement comme il me la raconteroit. .. »; les détails sont absolument conformes à ceux que donnent les Mémoires. Cette lettre du nonce a été publiée par B. Zeller (texte italien, p. 314; traduction,. p. 240-241).
Appendice IV.
Les nièces de La Vieuville.
La Vieuville^ avait deux nièces du nom de Joyeuse, bellesfilles de sa sœur consanguine. Il était né (en 1582) de Robert, marquis de La Vieuville (gentilhomme de la Chambre du Roi, lieutenant général au gouvernement de Champagne, grand fauconnier, gouverneur de Mézières, chevalier des Ordres, mort en 1612), et de Catherine d'O, mariés en 1581 ; d'une première union avec Guillemette de Bossut, Robert avait eu une fille, Henriette. Elle épousa : Antoine de Joyeuse (fils de Foucault, comte de Grandpré), seigneur de Saint-Hubert, gouverneur de Mézières, décédé le 26 octobre 1611; et, en secondes noces, Jacques de Damas, baron de Chalancey; de son premier mariage naquirent : 1" Robert de Joyeuse, seigneur de Saint-Hubert (décédé en 1664), lieutenant général au gouvernement de Champagne, marié le 2 juillet 1619 à Anne Cauchon, fille de Charles, baron du Tour, et d'Anne de Gondy, et, le 6 janvier 1650, à Nicole de Villiers; 2° Antoine-François, né en 1602, d'abord abbé de Belval, puis mestre de camp d'infanterie, gouverneur de Mouzon et de Beaumont-en-