‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 126 sur 135 · Voyez ci-dessus page (i · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus page (i

les catholiques et prêtres, en sorte qu'ils auront sujet d'être contents et se louer de leur bonté. »

Voici V Article secret qui n'en suppose aucun public : « S. M. Très Chrétienne n'a pas désiré qu'es articles publics du traité de mariage d'entre le sérénissime prince de Wales et Madame Henriette sa sœur, il fût inséré aucune condition qui obligeât le roi de la Grande-Bretagne et le prince son fils h faire cesser l'exécution des lois faites en Angleterre contre les catholiques et prêtres pour raison de l'exercice de leur religion. Mais le roi de la Grande-Bretagne et le prince son fils, suivant leur naturelle bonté, ont bien voulu, pour satisfaire au désir du Roi Très Chrétien et à l'instante prière de Madame, s'obliger en parole de roi et de prince, comme ils font par ces présentes, qu'aucun prêtre catholique, de quelque nation et condition qu'il soit, en tous leurs Etats, ne sera recherché ni molesté pour raison de l'exercice de la religion catholique, apostolique et romaine, pourvu qu'il n'en use qu'en des lieux particuliers et secrets et qu'il garde à S. M. la fidélité qu'il lui doit, à laquelle il ne sera point estimé manquer pour ne vouloir faire aucun serment contraire à sa religion » (Bibl. nat.. Français 15990, p. 131 et 132).

Appendice XIII.

« Avis sur la recherche des financiers'^ . »

« Il y a trois choses principales à examiner en cette affaire :

« S'il faut faire la recherche des financiers;

1. Aff. étr., France 779 (fol. 9-14). Ce document, écrit en grande partie par le « secrétaire de la main », portait au dos ces mots : « Employé 1624 «, qui sont delà main de Charpentier, et ceux-ci, écrits par le « secrétaire de la main » : « Avis sur la recherche des financiers ». — Voyez ci-dessus page 134. IV 18

« Les diverses issues qu'elle peut avoir;

a Et les moyens de la conduire à bonne fin.

« Je n'estime pas qu'il y ait à douter d'entreprendre la recherche; plusieurs raisons oblig^ent à la faire, et celles qui semblent en pouvoir détourner n'ont point de proportion avec les autres,

« D'un côté on peut considérer que le temps et l'occasion font d'ordinaire les affaires, qu'il n'est pas bon d'en entreprendre trop à la fois et, par conséquent, qu'il est à craindre, maintenant qu'on a plusieurs affaires étrangères sur les bras, que cette recherche ne soit pas de saison, vu principalement qu'on a besoin d'argent et que les financiers possèdent tout celui de la France. D'autre part, il faut considérer que les peuples chargés à l'extrémité estimeront être soulagés par la saignée de tels gens, qu'il n'y a que la réputation qui soutienne les actions du prince et son gouvernement, que maintenant on attend beaucoup de la conduite qu'on a commencé à prendre. Si on voit d'abord qu'on se démente, l'on ne fera plus d'état du Conseil du Roi. On estimera qu'il ait diverti S. M. par diverses considérations toutes calomnieuses; chacun croira qu'il n'y aura plus qu'à faire résistance aux résolutions qu'on prendra pour en divertir l'effet. Les financiers voleront plus hardiment que jamais. Et leur exemple faisant croire que les punitions ne sont pas à craindre, beaucoup entreprendront, même en choses concernant l'Etat, ce que bon leur semblera, sous espérance d'impunité.

« Au contraire, si les voleurs sont punis, les peuples et les communautés seront contentes et satisfaites, et chacun, en sa condition, estimera être obligé de demeurer dans les règles de son devoir, de peur de châtiment.

« Au reste, on a assuré de l'argent pour le courant des affaires présentes, et cette affaire sera si tôt faite, par les moyens qu'on y prendra, que tels gens n'auront pas lieu

d'arrêter le cours des affaires et témoigner par effets leur mauvaise volonté.

« Partant, j'estime que non seulement faut-il entreprendre la recherche, mais que toutes ces raisons y contraignent ^. Et, en effet, en tous Etats et en tout temps, tels gens ont été quelques fois pressés comme des éponges, d'autres fois punis non seulement par la privation de leurs états, mais de leur vie.

« La recherche des financiers aboutira indubitablement à de quatre fins, l'une :

« Ou ils en sortiront comme innocents, sans punition quelconque ni marque de leur crime;

« Ou ils se rédimeront par une taxe générale portée par tous ceux qui ont des offices de finances en ce royaume;

« Ou les coupables, pressés par leur conscience, appréhendant la punition méritée par eux, connoissant bien la bonté trop grande du Roi pour souffrir la taxe des innocents, consentiront d'être taxés par son Conseil pour éviter la perte de l'honneur et celle de leur vie;

« Ou ils seront condamnés rigoureusement et justement à perdre la vie et le bien tout ensemble.

« Il faut éviter les deux premières issues de cette affaire.

« La première perdroit tout h fait la réputation du gouvernement, et les voleurs, s'étant sauvés sans être punis, prendroient licence de faire encore pis à l'avenir; la seconde crieroit vengeance devant Dieu en tant que les innocents paieroient pour les coupables.

« Il reste donc de sortir de cette entreprise par l'une des deux dernières voies; savoir est : ou par taxe particulière sur les seuls coupables ou par punition corporelle et confiscation de leurs biens.

« Bien que les peuples tirassent grande satisfaction de

Page 1