‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 132 sur 135 · Voyez ci-dessus page · texte numérisé non relu

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aux autres comptables qui les avoient fournis par les états qu'il avoit depuis vérifiés : d'où s'ensuit qu'il a diverti les deniers du Roi et donné du fonds à son beau-père pour employer en mauvaises dépenses, c'est-à-dire en achats de rescription, vieilles dettes et vieux arrérages de gages où il a lui-même participé.

« Il étoit bien justifié aussi contre lui que, comme il avoit donné du fonds audit de Beaumarchais, son beaupère, il lui avoit permis d'augmenter sa dépense par artifices et mauvais moyens, ayant souffert qu'il eût ajouté un comptant et deux rôles en l'état par lui refait en ladite année 1623 pour employer au compte de ladite année

« Il se trouva aussi que parmi les papiers qui avoient été saisis au logis de Camus, associé au parti des grefs des élections, il y avoit un état ou bordereau arrêté entre les associés audit parti, auquel il étoit fait mention de soixante mille livres fournies audit La Vieuville sans dire pourquoi; laquelle somme ainsi conçue sous son nom faisoit présumer ou qu'il étoit intéressé contre les ordonnances audit parti, ou qu'il avoit pris pour cela gratification et potde-vin.

« On trouva aussi entre les papiers dudit La Vieuville deux promesses faites à son profit par Bardin et Jullien, ses domestiques, d'une notable somme de deniers qui procédoit aussi de pot-de-vin, quelque déguisement qu'on y voulût apporter.

« Il fut pareillement bien justifié par les informations qu'il avoit pris cent mille livres de pot-de-vin de Feydeau pour le renouvellement de la ferme des aides, sous le nom de Daubourdin, et même qu'il avoit retenu pareille somme aux sous-fermiers dudit Feydeau sur le dédommagement de deux cent mille livres qui leur avoit été ordonné.

« Il y avoit aussi preuve contre ledit La Vieuville qu'avant et depuis sa promotion h la charge de surintendant des

finances, il avoit fait plusieurs compositions illicites de rescriptions et acquits patents, et même que tous ses gens faisoient le même trafic et particulièrement La Roche, son écuyer, et le nommé Linchaut, serviteur domestique du sieur de Joyeuse, son neveu.

« Preuve concluante aussi de plusieurs extorsions et violences par lui commises contre les nommés Abbelly, Hervé et autres, dont il avoit retiré des promesses sans payer. Aucunes desquelles étoient conçues pour rescriptions composées ou autres mauvaises affaires dont il avoit fait porter la perte au Roi et aux particuliers.

« Il fut aussi justifié bien clairement par plusieurs informations faites de l'ordonnance de la chambre de justice que ledit de la Vieuville avoit dégradé les forêts du Roi qui sont proches de ses maisons de Champagne et qu'il avoit converti et appliqué à son profit les deniers provenus de la vente des bois qu'il avoit fait couper sans en avoir aucune permission de S. M., encore que par les ordonnances et règlements il soit défendu de faire aucune coupe de bois dans les forêts du Roi sans lettres patentes vérifiées au Parlement, les chambres assemblées.

« Il fut pareillement justifié que ledit sieur de la Vieuville, favorisant les fermiers des cinq grosses fermes, avoit empêché qu'on informât contre eux d'un transport de deniers fait au Pays-Bas, grandement important au service du Roi, et qu'il avoit fait venir de Calais un lieutenant du grand prévôt qui avoit commencé l'information, feignant de lui vouloir donner un meilleur emploi, ainsi qu'il se voyoit par les lettres missives écrites par ledit sieur de la Vieuville audit lieutenant.

« Il y eut preuve aussi contre lui qu'il avoit supprimé la minute d'un interrogatoire fait h un nommé Maulavile, pour ce que ledit interrogatoire parloit de quelques compositions de rescriptions faites par le sieur de Beaumarchais, tant pour lui que pour ledit sieur de la Vieuville,

IV l'J

« Preuve encore que, prévoyant qu'on ne pouvoit faire le procès de Beaumarchais sans l'attaquer avec lui sur la complicité, il voulut corrompre les dénonciateurs peu de temps avant sa prison et leur fit donner de l'argent par ledit sieur de Beaumarchais qu'il fit depuis porter au Roi, et que, depuis sa prison, il voulut contracter alliance et faire amitié avec les étrangers, et particulièrement avec le comte de Mildebourg, qui est sujet du roi d'Espagne et qui réside auprès de l'archiduchesse.

« Et, finalement, il y avoit plusieurs autres charges contre lui pour plusieurs faits particuliers, et notamment pour l'assassinat commis en la personne du feu sieur de Poitrincourt, dont les informations furent jointes au- procès dudit sieur de la Vieuville à la poursuite et diligence des parties civiles. »

Appendice XVI.

Liste des documents manuscrits utilisés par Richelieu pour la rédaction du tome IV des Mémoires.

Affaires étrangères.

France 779.

Pages

— Résumé des instructions données à Tronson, envoyé vers le prince de Condé 30-31

— « Déportements de La Vieuville » (de la main de Charpentier, le premier secrétaire de Richelieu) 89, 96-102, 104, 106, 108, 110

— « Feuille de corrections » (de la main de San-

cy). 37, 56, 74, 75, 92, 94, 96, 97, 99, 102-105, 109

— « Ce que le Roi dit au Conseil après la disgrâce

de La Vieuville » (de la main de Charpentier). 124-128

— « Avis sur la recherche des financiers » (écrit en grande partie par le « secrétaire de la main »). 134-156

— « Charges contre le sieur de La Vieuville ». 157, 158

Pages

Correspondance politique, Angleterre 26.

— « Raisons pour lesquelles le roi d'Espagne doit désirer le mariage d'Angleterre » (de la main de Charpentier) 39-41

— « Raisons pour lesquelles le roi d'Angleterre doit plutôt désirer l'alliance de France que d'Espagne » (de la main de Charpentier) .... 42-44

— « De l'alliance d'Angleterre et de France. Savoir si la France la doit prendre » (écrit par le « secrétaire de la main ») 45-53

— « Raisons pour lesquelles la France doit s'opposer au mariage d'Espagne et d'Angleterre et procurer cette alliance pour elle « (note de la main

de Charpentier) 54-55

Correspondance politique, Grisons 2.

— « Avis de M. Pascal (sic), ambassadeur du Roi de France aux Grisons, sur la fortification de la Valtelinei » 160

Correspondance politique. Grisons 3.

— Copie d'une relation de l'expédition du marquis

de Cœuvres en Valteline 234-240

Correspondance politique. Hollande 9.

— ft Sur la trêve d'Hollande » (de la main de Charpentier) 74, 75, 78, 84

— « Discours fait par M. le président Jeannin sur le le sujet de la paix ou de la trêve d'entre le roi

1. Charles Paschal fut ambassadeur ordinaire auprès des Grisons de 1604 à 1614. Il est possible que son « avis » soit postérieur à ces dates.

Pages

d'Espagne et les Hollandois, et lequel des deux seroitplus avantageux à la France » (composé en 1622) 79, 80, 83, 85

Correspondance politique, Rome 35.

— Brouillon de lettre accréditant le P. de Bérulle auprès du Pape 68

Archives nationales.

— « Mémoire de Monseigneur le cardinal de Richelieu pour montrer à Sa Sainteté » (écrit par le

« secrétaire de la main ») 63-67, 68-72

Bibliothèque nationale.

Fonds Baluze 343.

— Brouillon de lettre de Richelieu à La Vieuville

(de la main de Charpentier) 28, 29

Fonds Français 15990.

— « Conditions particulières et secrètes touchant la religion catholique sur le mariage du prince

de Wales et de l'infante d'Espagne » . . 64, 65, 67

— Mémoire donné au P. de Bérulle, à montrer au

Pape 09-72

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