Les manuscrits A et B portent : Wales
2. Le comte de Carlisle, ayant reçu ses instructions le 17 mai, s'embarqua le 19, pour rejoindre son collègue en France. 11 arriva à Compiègne le 5 juin. Le ministre Phélypeaux d'Herbault envoyait à ce sujet de Compiègne, le 6 juin, à Béthune, ambassadeur à Rome, les nouvelles suivantes : « Hier, ils [les ambassadeurs anglais] eurent leur première audience qui se passa en compliments qu'ils rendirent avec beaucoup plus grandes soumissions à Madame [la future reine d'Angleterre] qu'au Roi et aux Reines; car ils la saluèrent le genou en terre et parlèrent à elle tout découverts. J'espère que leurs propositions expliqueront bientôt le sens de ces civilités extraordinaires, dont nous vous donnerons avis » (Bibl. nat., Français 3666, fol. 51 v").
3. Le manuscrit A portait : « avec sa sœur : Premièrement pour ce que... ». La « feuille de corrections », dont il est parlé à l'appendice n*^ VII, ne contient pas la modification, insigni-
La première* pour ce que la principale force ^ des Hollandois consiste en six régiments anglois et écossois, lesquels leur sont plus propres que nuls autres, pour être plus adroits, servant à meilleur marché, et étant mieux choisis pour le grand nombre qui leur en vient ; car les Allemands ne les servent à si bon prix, ne sont si hardis ni obéissants, et les François ne sont si bons soldats d'infanterie, ni disciplinés à la coutume de Hollande, en beaucoup d'années, de façon que, quand le roi d'Angleterre leur voudra ôter ce secours, ils seront fort dépourvus de capitaines et de soldats.
fiante il est vrai, que porte B. Or, B n'a pas été modifié en cet endroit, et son texte ne contient pas de ratures; on est donc autorisé à supposer l'existence d'un manuscrit intermédiaire entre A et B, et qui portait, lui, la correction en question. B n'aurait donc été, pour ce passage, qu'une mise au net de ce manuscrit intermédiaire que nous avons appelé A' (voyez sur l'existence et la nature de ce manuscrit A', notre article des Rapports et notices, fascicule V) .
1. L'exposé qui suit est tiré d'un mémoire écrit par Charpentier et que Sancy a corrigé pour les Mémoires. Ce document est intitulé : « Raisons pour lesquelles le roi d'Espagne doit désirer le mariage d'Angleterre «. Au dos Charpentier a écrit : « B^aisons pour le mariage d'Angleterre. » A ces mots, Richelieu a ajouté les suivants de sa main : sui authoris (sic), et plus bas Histoire. Charpentier a écrit Employé. Nous noterons les différences importantes que présenteront le manuscrit A et ce document qui a été presque textuellement utilisé lors de la rédaction du manuscrit A. Il est conservé aux Affaires étrangères, Correspondance politique, Angleterre 26, fol. 243 et suivants. — Il faut rapprocher des pages qui suivent les pages 268, 289, 290 du tome III des Mémoires.
2. Ce mot a été ajouté en interligne par Charpentier sur le manuscrit B; le copiste l'avait sauté. Charpentier relit évidemment toute cette partie des Mémoires, seul ou en présence de Richelieu ou de Sancy.
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La deuxième est que le roi* d'Angleterre peut empêcher les desseins et trafic des HoUandois par mer, leur ôtant l'entrée de ses havres, sans lesquels ils ne peuvent aller ni venir en leurs navigations des Indes, ni à la mer Océane ni Méditerranée^; ce qui lui seroit un grand avantage^, non seulement pour ce qu'il tient en Barbarie et en toute la côte d'Afrique, mais dans les Indes mêmes ; car, les places qu'il possède en Barbarie lui sont de plus de dépense que de profit, n'étant pas de telle conséquence qu'elles incommodent beaucoup les Maures ou Arabes, ou leur empêchent le passage du détroit de Gibraltar, ou diminuent le nombre de leurs corsaires, et il est en danger de perdre celles qu'il a en Guinée, Congo et Angola, ou au moins la plupart de l'utilité qu'en tirent ses sujets, à cause de la puissance des HoUandois, qui s'en rendront enfin les maîtres, tant ils augmentent tous les jours de force sur la mer ; et le trafic de ses Indes mêmes court fortune, à cause du peu de forces qu'il a en ces mers-là, de la grande puissance que les Anglois el HoUandois y ont, et de la haine que tous les princes indiens portent à la superbe tyrannie des Portugais, qui leur fait rechercher toutes les autres nations, lesquelles, jointes
1. Nous rétablissons le mot est qui est dans A, mais non dans B.
2. Ce début de paragraphe et le paragraphe précédent sont la copie du document dont nous avons parlé ci-dessus, écrit par Charpentier et conservé au vol. 26 du fonds Angleterre de la Correspondance politique des Affaires étrangères, fol. 243 et suivants.
3. Le manuscrit B a seulement résumé un important passage du manuscrit A que nous donnons dans l'appendice n°IX.
ensemble, portent un péril présent* à ses affaires, l'unique remède desquelles est de se rendre seul seigneur entre les chrétiens en ce pays-là^.
La troisième, que le roi d'Angleterre est le chef des protestants, arbitre des affaires d'Allemagne, Pologne et Suède, est beau-frère du roi de Danemark^, qui est voisin des Hollandois, et qui, étant duc d'Holstein'*, emportera une partie de la correspondance que lesdits Hollandois ont avec les villes hanséatiques, ce qui est un point de grande considération : outre que, par les parentés et intelligences que ces deux rois ont en Allemagne, le roi d'Espagne s'aplaniroit le chemin à maintenir l'Empire en sa maison et arrêteroit les mouvements qui se pourroient élever, en France et ladite Allemagne, contre lui\
Que, pour ces raisons-là, l'alliance d'Angleterre étoit souhaitable et avantageuse à l'Espagne; mais que l'avantage ne seroit pas mutuel pour les Anglois, qui, au contraire, dévoient beaucoup plus désirer la nôtre que la leur :
Premièrement, pour ce qu'il arriveroit au roi d'An-
1. Var. : un péril très grand et présent à ses affaires (ras. Français 17542).
2. La fin de ce paragraphe, depuis « ce qui lui seroit un grand avantage », est tirée de la première rédaction de A, donnée à l'appendice n" IX.
3. Christian IV (1577-1648) fut roi de Danemark en 1588. Sa sœur avait épousé Jacques P"" d'Angleterre. Le Holstein dépendait du Danemark.
4. Le document écrit par Charpentier porte Alsace, et les mss. A et B, Ohace. Il faut lire Holstein [Holsatia en latin).
5. Comparez ce paragraphe avec la première rédaction du ms. A, donnée à l'appendice, rédaction qui est simplement la copie du document écrit par Charpentier et conservé aux Affaires
gleterre et à son royaume de grands inconvénients de l'alliance d'Espagne, en ce que, comme le roi d'Espagne se dit chef des catholiques, et par je ne sais quelle rencontre d'affaires et artifices, non par piété, se trouve en effet avoir ses intérêts le plus souvent liés avec les leurs, le roi d'Angleterre, d'autre part, l'étant des protestants, ses alliés et vassaux prendront jalousie de lui à raison de ce mariage, d'autant qu'il sera bien plus vraisemblable que le roi d'Espagne, qui est sans comparaison beaucoup plus puissant, le fasse condescendre à partie de ce qu'il désirera de lui, que non pas qu'il puisse gagner quelque chose sur le roi d'Espagne ; d'où il arrivera que ses alliés et voisins se défieront de lui et ne le tiendront plus pour leur chef, sur qui ils se refient et appuient entièrement ;
En second lieu, que cette alliance lui préjudicieroit encore, en ce qui concerne les négociations secrètes et publiques avec ceux de sondit parti, chacun desquels, estimant* avoir fait en son particulier la même perte en lui que tout leur parti en général, ne pourroit plus entretenir avec lui la même confiance qu'il y avoit auparavant ; ce qui même pourroit aboutir en son royaume à une division dangereuse et causer les accidents lamentables que l'on a vus en France et en Allemagne^.
étrangères (Correspondance politique, Angleterre 26, fol. 243 et suiv.).