Les cinq paragraphes précédents, depuis « De plus que
Quant à juger si, ainsi que^ le roi d'Angleterre faisoit bien de rechercher notre alliance^, nous ferions bien de l'accepter, en cela consistoit tout le point de la difficulté; pour laquelle résoudre il falloit premièrement peser avec loisir et jugement diverses considérations qui se présentoient en ce sujet^ : la première est de
les Anglois... », sont tirés textuellement du document écrit par Charpentier, intitulé : « Raisons pour lesquelles le roi d'Angleterre doit plutôt désirer l'alliance de France que d'Espagne » (Aff. étr., Correspondance politique, Angleterre 26, fol. 245). Cependant, les Mémoires ne semblent pas avoir utilisé le passage suivant de ce document : « De plus, bien que les François soient plus catholiques que les Espagnols, marchant sincèrement comme ils font en leurs traités, où ils ne veulent point laisser de prétexte à des desseins cachés comme font toujours les Espagnols, il sera bien plus aisé de vider avec eux les difficultés qui se rencontreront pour la restitution des biens ecclésiastiques et autres points concernant la religion que non pas avec les Espagnols qui ne cherchent que les apparences. » En marge, on lit : « Du temps de la reine Marie, le cardinal Pôle apporta la bulle pour absolution des points en tels cas nécessaires. »
1. Les mots qui commencent ce paragraphe sont écrits de la main de Sancy sur le manuscrit B.
2. Les mots : faisoit bien de rechercher notre alliance ont été écrits par Sancy sur le manuscrit B, pour combler une lacune due probablement à ce que le scribe n'avait pu lire le manuscrit qu'il avait à copier.
3. Le début de ce paragraphe, que nous donnons d'après le manuscrit B, est ainsi rédigé dans A; les modifications apportées à ce texte ne sont pas notées sur la « feuille de corrections » : a Voilà les raisons pour lesquelles l'Angleterre doit préférer notre alliance à celle d'Espagne; mais la difficulté plus grande est de savoir si nous le devons accepter. Le mariage d'Angleterre pouvant nous être utile et préjudiciable, devant que de le refuser ou l'accorder, il faut peser avec jugement diverses considéx'ations : la première est de savoir si licite-
savoir si licitement il se peut faire ; dont il n'y a lieu de douter, pourvu qu'il apparaisse^ un fruit notable pour l'Église et que l'âme de celle qui sera mise en un tel vaisseau ne soit exposée à aucun péril de naufrage : la seconde dépend de cette première et consiste à savoir s'il nous est fructueux, soit pour la religion, soit pour l'État.
Sur quoi il n'y a rien à dire, sinon que, au cas qu'on le fasse avec telles conditions^ que notre princesse conserve sa religion et obtienne liberté de conscience, ou au moins fasse cesser la persécution^, il est honorable et fructueux à l'Église et à l'État.
Fructueux à l'Église, puisque en cela elle seroit déliment... ». Ce dernier passage, à partir de « Le mariage d'Angleterre... », est emprunté, ainsi que le texte du manuscrit B (d'ici à la page 54, aux mots « Après toutes ces raisons succinctement déduites... »), à un document écrit par le « secrétaire de la main », conservé dans le volume 26 d'Angleterre, de la Correspondance politique aux Affaires étrangères, fol. 247- 248. Au dos de ce document, Charpentier a écrit : « Employé 1624 », puis le « secrétaire de la main » a écrit « De l'alliance d'Angletem'e et de France » et Richelieu a ajouté lui-même « savoir si la France la doit prendre ». C'est un exposé dû au Cardinal et qui est probablement contemporain des faits. Nous noterons les différences essentielles que présentent ce document et le texte du manuscrit B.
1. Ces mots, dont il ny a lieu de douter, pourvu qu'il apparaisse..., ont été écrits par Sancy à la place de ceux-ci, que porte le document écrit par le « secrétaire de la main », ce dont je ne douterois point, pourvu qu'il apparut
2. Les mots, avec telles conditions, ont été mis par Sancy sur le document écrit par le « secrétaire de la main » (Aff. étr., Correspondance politique, Angleterre 26, fol. 247) à la place de en sorte.
3. Ce membre de phrase a été ajouté par Sancy sur le document précité.
vrée des persécutions qu'elle souffre en ce royaume-là"* ; fructueux à l'État, attendu que cette princesse étant catholique, non seulement sera en état d'empêcher que les huguenots françois ne reçoivent aucun secours d'Angleterre, mais en outre d'en donner aux catholiques françois, à cause du pouvoir absolu qu'elle aura parmi les siens, ce qui feroit qu'en tel cas il seroit clair que l'on le pourroit et devroit faire.
Mais si on le faisoit à telle condition que, les catholiques n'ayant aucune liberté ou soulagement^, la religion même de la princesse que nous donnerions fût hasardée, il seroit non seulement infructueux, mais honteux et préjudiciable en tous points. Premièrement, en ce qu'on ne peut mettre une âme en péril éminent de sa perte sans horrible péché, en péril éminent de telle perte sans perdre notre honneur et notre réputation, sans offenser le Pape, perdre la bienveillance non seulement de lui, mais de tous les catholiques de la chrétienté; ce qui n'est pas de petite considération. Secondement, en ce que si cette princesse étoit huguenote, étant sœur de notre Roi, tous nos huguenots auroient à gloire de dépendre d'elle, et elle à honneur et décharge de conscience de les protéger en tout et partout où il iroit de la religion, ou en effet ou par prétexte.
Et quand même, ayant perdu sa religion, elle se conserveroit le cœur françois et voudroit nous secourir en quelques occasions, elle seroit impuissante pour ce faire, étant bien certain que, perdant sarehgion, elle