Première leçon de A : état
ravantla désobéissance de Henri VIIP^ auteur des nouveautés qui succédèrent en sa nation et en sa religion.
Qui plus est, il n'y a personne qui ne sache que l'Espagnol est comme le chancre qui ronge et mange tout le corps où il s'attache ; personne qui ne sache qu'il le fait d'ordinaire sous prétexte de la rehgion, qui, se trouvant plus grand en Angleterre qu'en autre lieu, pour la division des cathohques et protestants, fait voir clairement que le roi d'Espagne n'aura point de pied en Angleterre sans dessein et sans péril pour l'État^.
Or est-il que cet inconvénient n'aura point de lieu en l'alliance de la France, étant certain que les François trouvent leur pays si gras, si abondant et si puissant qu'ils n'ont autre dessein que de s'y conserver, sans prétendre en conquérir d'autres, particulièrement sur l'Angleterre, sur laquelle ils n'ont jamais prétendu aucun droit comme sur l'Italie, etc.
Ce doit être, en outre, un motif très puissant, que les Anglois ont très grande aversion au mariage d'Espagne et très grande inclination à celui de la France ; et ce, avec raison, non seulement pour le dessein général de l'invasion qu'a le roi d'Espagne, mais en outre pour ce que la France a toutes les mêmes alliances et confédérations que l'Angleterre et que les Espagnols les ont toutes contraires^.
1. Henri VIII, fils de Henri VH et d'Elisabeth d'York, né en 1491, fut roi d'Angleterre de 1509 à 1547.
2. Sur les ambitions espagnoles, voyez le tome III, p. 218, où il est dit que les Espagnols aspiraient à la « monarchie de l'Europe ». Les pamphlets du temps contiennent des idées analogues à celles exprimées ici et dont on trouvera un bref résumé à l'appendice n° X.