Var. : Herminius (ms. B
dore Émilius*, lequel lui ayant manqué, il alla à Leyde, où il paracheva ses études. Il succéda à François Junius^ en la chaire qu'ils appelent de théologie, en laquelle il commença à acquérir grande autorité.
Il prit amitié avec Barneveldt ^ , et, peu à peu se voyant porté par les plus puissants, il mit en avant quelques opinions nouvelles qu'il avoit touchant la prédestination.
La Hollande, qui est tellement la principale des provinces qui sont associées pour la commune défense qu'elle seule contribue beaucoup plus à cet effet que toutes les autres ensemble, reçut, plus que toutes, l'impression de cette opinion. Barneveldt, qui y avoit engagé le prince Henri^, fit qu'en l'an 1618 on enjoignit aux prédicants d'enseigner les peuples simplement à bien croire et à bien vivre et s'abstenir d'embrouiller les esprits de ces questions difficiles et curieuses.
A quoi les calvinistes ne voulurent acquiescer. Les
1. C'est à Utrecht que Théodore Émilius, qui était fort âgé, apprit à Arminius, avec les rudiments des « lettres humaines », les principes de la vie chrétienne qu'il inculqua facilement à cet élève porté par sa nature à la piété (Brandt, Historia vitse Jacobi Arminii. Amsterdam, 1724, p. 10, 11).
2. François Junius ou Du Jon (1545-1602) étudia le droit à Bourges et les lettres à Genève. Ministre de l'église wallonne d'Anvers, puis professeur de théologie à Heidelberg, il accompagna par la suite le duc de Bouillon en France. Chargé d'une mission en Allemagne, on lui offrit, à son passage en Hollande, la chaire de théologie de Leyde, qu'il accepta et occupa jusqu'à sa mort. Ses très nombreux ouvrages sont relatifs à la théologie.
^ 3. Voyez t. II, p. 371-379.
4. Frédéric Henri, comte de Nassau, dit le comte Henri (voyez t. III, p. 115).
magistrats de quelques villes, ne s'y pouvant opposer sans péril de leurs personnes, furent contraints, pour leur sûreté, suivant leurs privilèges, de prendre quelque petit nombre de soldats pour garder leurs hôtels de ville et leurs magistrats.
La partie contraire donna une si mauvaise interprétation à ce bon dessein (jue lors on éclata en invectives, de bouche et par écrit. Pour à quoi remédier le Roi envoya, en juillet de ladite année, le feu sieur de Boissise vers Messieurs des États. Son intervention, quoique puissante, ne le fut pas assez pour apaiser ce tumulte. Ils eurent recours à la force, emprisonnèrent l'avocat général de Hollande Barneveldt^ et quelques autres et destituèrent tous les magistrats des villes qui avoient pris lesdits soldats pour leur défense, chose non jamais pratiquée auparavant, non pas même par les princes souverains auxquels ils ont été sujets, d'autant que lesdits magistrats sont, par leur institution, perpétuels, et ne peuvent être déposés que par mort ou forfaiture.
A quelque temps de là ils firent mourir Barneveldt et condamnèrent la plupart des autres à prison perpétuelle; ce que plusieurs d'entre eux tiennent plutôt être une vengeance qu'une sincère justice^.
Cette division, comme un chancre, les ronge au dedans et les affoiblit davantage que ne font pas toutes les ruines que la guerre apporte avec soi.
Outre cette foiblesse qu'ils reconnoissent en eux et leur fait désirer de se voir en repos, ils n'ont plus cette