Philippe HI, roi d'Espagne de 1598 à
5. Conclue pour huit mois entre les archiducs Albert et Isabelle, d'une part, et les Provinces-Unies des Pays-Bas, d'autre part, le 24 avril 1607.
noissent l'Empereur avec des charges si peu onéreuses qu'elles n'entament aucunement leur liberté ; déclarant, en outre, qu'il ne demande rien d'eux, sinon qu'ils se promettent l'un à l'autre un mutuel secours, Espagne et tous les Pays-Bas, y compris ce que les États possèdent, et de n'avoir aussi pour l'avenir que mêmes amis et ennemis \ en quoi ils entendoient comprendre
1. Les deux paragraphes précédents sont tirés d'un document écrit par Charpentier (AfF. étr., Correspondance politique, Hollande 9, fol. 405), en tête duquel Sancy a écrit : « Employé. » Au dos, Charpentier a écrit : « Sur la trêve d'Hollande. Employé. 1624. )) Voici un passage de ce document- que les Mémoires n'ont pas utilisé : « En matière de religion, la paix ne peut être de durée, parce qu'on ne la fait pas pour établir un assuré repos, mais pour chercher les moyens de prendre quelque avantage l'un sur l'autre par ruse et tromperie. » Puis vient le passage suivant où l'on rencontre souvent les mêmes expressions que dans les Mémoires : « Le roi d'Angleterre pourroill raoyenner une trêve perpétuelle entre le roi d'Espagne et les Etats, portant le roi d'Espagne à déclarer absolument, ainsi qu'il a déjà commencé à faire par la première trêve, qu'il ne prétend rien sur les Etats, qu'il les tient pour république et peuples libres, voulant qu'ils soient à l'avenir réputés membres de l'Empire et en dépendant, avec mêmes privilèges, autorité et pouvoir que les autres princes et villes franches qui sont de cette qualité et reconnoissent l'Empereur avec des charges si peu onéreuses qu'elles n'entament aucunement la liberté. Il déclareroit en outre qu'il ne demanderoit rien desdits Etats, sinon promesse et assurance d'un mutuel secours entre eux, les Pays-Bas et l'Espagne, et n'avoir à l'avenir que mêmes amis et ennemis. Par où nous serions exclus et demeurerions seuls entre le roi d'Espagne, le roi d'Angleterre et tous ses Etats. Cette ouverture fut faite dès la première trêve, mais rejetée par les Etats à cause de la France et d'Angleterre qui les secouroit lors. » Le passage que nous venons de transcrire et qui a été partiellement donné par Avenel (t. Vil, p. 544, 545) se retrouve presque identiquement le même, sauf la dernière
le roi d'Angleterre, sans l'exprimer, de crainte d'offenser le feu Roi, qu'ils voyoient bien n'être pas disposé à le soutïrir*. Ce qui seroit proprement le renouvellement de l'ancienne alliance des Pays-Bas avec la maison de Bourgogne, toujours désirée et poursuivie par les rois d'Angleterre et jugée utile aussi par les rois d'Espagne, pour se fortifier contre nous^.
Aussi cette proposition fut-elle approuvée par les
phrase, dans un document de douze pages, au dos duquel Cherré, le secrétaire de Richelieu, a écrit ces mots : « Discours fait par M. le président Jeanin [sic) sur le sujet de la paix de la paix [sic] ou de la trêve d'entre le roi d'Espagne et les lïollandois, et lequel des deux seroit plus avantageux à la France » (Aff. étrang., Correspondance politique, Hollande 9, fol. 417- 422). Il est à remarquer que ces idées que Richelieu laisse entendre avoir été exposées par lui au Conseil ou devant le Roi, et qu'en tout cas il donne dans ses Mémoires comme siennes, sont empruntées textuellement à un discours de Jeannin, mort en 1622. Les pages qui suivent jusqu'à la page 8G sont tirées de ce discours; l'ordre dans lequel les arguments y sont exposés n'a pas été respecté, mais les termes dans lesquels ils y sont exprimés ont été reproduits avec une fidélité presque absolue; il faut remarquer que certains passages seulement de ce discours ont été utilisés. Ce discours a été imprimé dans les Négociations du président Jeannin (édit. Michaud et Poujoulat, t. IV, p. 698-702) sous ce titre : « Discours sur les affaires de Hollande fait au mois de décembre 1622. »
1. Cette fin de phrase, qui ne figure pas dans le document écrit par Charpentier (AfF. étr., Correspondance politique, Hollande 9, fol. 405), se trouve dans le discours du président Jeannin [loc. cit.^ fol. 418), et la place qu'elle y occupait a été conservée ici.
2. Cette phrase a été empruntée au discours du président Jeannin (fol. 419) ; intercalée ici, elle coupe le fil du discours, qui reprend ensuite jusqu'à la fin du second paragraphe suivant.
Anglois, mais rejetée par nous et par les États^ lesquels, bien qu'ils y vissent quelque apparence de sûreté pour eux, ne jugèrent pas toutefois qu'elle fût vraie et entière en effet, joint que les inimitiés étoient trop récentes et que tout ce qui provenoit de la part d'Espagne leur étoit suspect.
Mais aujourd'hui les choses ont pris une autre face, et il y a tel changement en leurs affaires qu'ils pourroient bien approuver ce qu'ils ont autrefois rejeté^.
Ils ne se sentent plus si forts qu'ils étoient lors; ils sont désunis et divisés en eux-mêmes. Le schisme des Arminiens les déchire et les envenime de haine les uns contre les autres. Rien ne rend la division dans les États plus dangereuse que quand elle est fondée, non seulement sur un prétexte, mais sur un sujet de religion^.
Arminius^ étoit un homme né de peu, en l'an 1 560, qui, ayant perdu son père, fut élevé, en sa jeunesse, par un bon homme qui avoit été prêtre, nommé Théo-
1. Ces deux paragraphes sont tirés du discours du président Jeannin (fol. 418 v°).
2. Le discours du président Jeannin (Aff. étr., Correspondance politique, Hollande 9, fol. 418 v°) porte ces mots : « Les divisions qui sont parmi eux à cause du schisme des Arminiens, les mécontentements à cause de la mort du feu sieur Bernaveld [sic) et la condamnation des autres personnes que plusieurs d'entre eux tiennent plutôt une vengeance que vraie et sincère justice, joint qu'un grand nombre de magistrats ont été déposés en plusieurs de leurs principales villes à cette occasion, dont le ressentiment est encore en leurs esprits. » Ce qui suit jusqu'à la page 83 n'est point dans le discours du président Jeannin.