‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 39 sur 135 · Var. : la Reine (ms. A · texte numérisé non relu

Var. : la Reine (ms. A

4. Première rédaction du manuscrit A : qu'il falloit que la Reine.

séquent qu'il prendroit prétexte de ne le point faire venir sur ce que la Reine l'appréhendoit ; que, pour cet effet, il feroit qu'elle en parleroit au Roi et à ellemême pour la prier de s'y opposer. A quoi la Reine dit qu'il n'ctoit point besoin de cela, parce qu'en cette affaire elle ne vouloit que suivre la volonté du Roi.

Cependant, pour se mettre bien avec ledit seigneur le Prince, il dit à ses agents * qu'il désiroit ardemment son retour, mais que la Reine mère l'empêchoit; et, la Reine disant au Roi que, s'il veut que Monsieur le Prince revienne, elle le veut bien encore, il lui dit qu'il ne faut point qu'elle découvre son sentiment sur ce sujet, afin qu'étant couvert il le puisse faire croire tel qu'il voudra^.

1. Première leçon du manuscrit A : « Il [La Vieuville] dit aux agents de Monsieur le Prince qu'il désire son retour » (fol. 33 v°). La leçon du manuscrit B, que nous avons adoptée, est à la page 3 des « feuilles de corrections ». Le document intitulé « Déportements de La Vieuville » (voyez ci-dessus, p. 89) contient ces mots : « [La Vieuville] traitoît avec Monsieur le Prince, dont il médisoit. »

2. Comparez tout ce passage avec la page 280 du tome III des présents Mémoires. — On lit aussi dans un document cité ci-dessus, page 30, note, et publié par Avenel (t. VII, p. 536) , et qui est une sorte de sommaire des instructions données à Tronson, envoyé vers le prince de Condé, ce passage : « Et d'autant que par cette action [l'entrée du Cardinal au Conseil] ses ennemis [de la Reine mère] pourroient faire effort de le [le prince de Condé] mettre en soupçon, comme déjà S. M. [le Roi] a su qu'on avoit tâché de le faire ci-devant, de peu de bonne volonté de la Reine sa mère en son endroit, qu'elle pourroit plus puissamment lui [au prince de Condé] rendre de mauvais offices, Sadite M. lui [à Tronson] a donné charge expresse de l'assurer [le prince de Condé] bien particulièrement qu'il [le Roi] n'a reconnu la Reine sa mère que très bien intention-

Une autre fois, pour s'insinuer en la bonne grâce de Monsieur, il lui fait dire* que c'étoit le cardinal de Richelieu qui avoit fait chasser le Colonel^, que, pour témoignage de cela, il n'avoit été chassé que depuis qu'il étoit entré aux affaires^.

Il fait profession d'être bien avec Monsieur le Comte, pour lui donner témoignage qu'il est son serviteur. Il dit* à Barentin qu'il avoit proposé devant le Roi et les ministres Monsieur le Prince pour général d'armée, et que ceux que Madame la Comtesse pensoit qui

née pour lui [le prince de Condé], et que comme S. M. prend entière croyance de son affection [du prince de Condé] en son service, elle veut et désire qu'il [le prince de Condé] fasse état de ses bonnes grâces et de sa bonne volonté, qu'elle lui témoignera volontiers aux occasions qui s'en présenteront et où elle jugera le devoir employer... » Voyez aussi les intrigues des Brûlarts avec le prince de Condé, selon Richelieu, ci-dessus t. I, p. 282.

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