‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 4 sur 135 · La Vieuville · texte numérisé non relu

La Vieuville

2. Ce récit semble se référer aux événements d'octobre et novembre, déjà racontés au tome III. Quand la Reine revint de Monceaux à Saint-Germain, « beaucoup pensoienl que c'étoit pour l'avancer entièrement dans le maniement des affaires » (p. 312), mais le Roi ne pouvait se décider à prendre parti. « Ce qu'il y a de difficile, c'est de porter le coup de grâce au Chancelier », écrivait l'ambassadeur de Venise le 2 octobre.

3. « Ils n'étoient pas si tôt délivrés d'appréhension qu'ils ne le connaissoient plus », lisons-nous dans les Mémoires (tome III, p. 278) à l'occasion d'un replâtrage antérieur.

4. On a vu (tome III, p. 293) que le Chancelier et son fils avaient combattu sourdement l'influence de Toiras dont la faveur leur inspirait de la jalousie ; il y eut, en mai et en juillet 1623, des incidents que le nonce a racontés en détail. Toiras ne cessa pas de manœuvrer pour nuire aux Rrûlarts dans l'esprit du Roi; il passait, au mois de septembre, pour acquis au parti de la Reine mère (B. Zeller, p. 214, 220, 226, 237). D'après les Mémoires (tome III, p. 311), c'est le Roi lui-même qui lui aurait commandé (août ou septembre) « de s'accommoder avec elle ». Pourtant, à la fin de novembre, M""^ de Puyzieulx

connoître au Roi que sans lui tout seroit perdu, qu'il est homme sans intérêts, que tout le monde lui veut mal parce qu'il résiste à plusieurs desseins que chacun a contre le bien de son service, qu'il a été nourri toute sa vie avec Monsieur le Chancelier et M. de Villeroy et qu'il a la capacité de tous deux ; qu'il seroit plus aise chez lui à mener une vie tranquille, mais que l'amour qu'il porte au Roi l'arrête dans la cour contre son inclination. L'autre lui ayant répliqué qu'on se plaignoit que lui et son père vouloient tout faire, qu'ils n'employoient personne que leurs parents et alliés, il ne put nier que ce ne fût leur dessein, mais qu'ils y étoient conviés par la nécessité des affaires ; que s'ils s'étoient déchargés sur d'autres de ce soin, l'État seroit en péril.

Non seulement il ne se souvient plus qu'il étoit ruiné si la Reine eût voulu contribuer à sa chute, mais, par une extrême ingratitude, il tend le pied pour faire tomber celle qui lui avoit tendu la main.

Un rccollet anglois* vint voir dîner la Reine au retour du prince de Galles du voyage d'Espagne'^, lui fit des

et Toiras se mirent d'accord pour faire donner la charge de dame d'iionneur de la Reine à M™^ de Lannoy.

i. Le récit de l'incident rapporté dans les deux pages suivantes est à comparer avec les extraits de la correspondance échangée à ce sujet, que nous donnons dans l'appendice n» II.

2. Le prince de Galles et Buckingham avaient quitté Madrid le 30 août, après un séjour de près de six mois, sans avoir pu obtenir aucun engagement de la cour d'Espagne et avaient été s'embarquer à Santander. Le gouvernement britannique, très irrité contre les ministres espagnols, envisagea l'éventualité d'une déclaration de guerre à l'Espagne, comme en témoigne le langage tenu par Buckingham au Parlement en novembre 1623, en janvier et en février 1624. Le duc revenait alors au projet d'une alliance française.

recommandations du duc de Buckingham * , lui dit qu'il ^ avoit le cœur françois, qu'il étoit fort offensé des Espagnols et qu'il entendroit volontiers à cette alliance. S. M. répondit qu'elle remercioit Buckingham de son souvenir et du désir qu'il avoit de voir ces deux couronnes unies, que, pour elle, elle avoit toujours affectionné l'Angleterre, ayant reconnu, durant qu'elle avoit été au gouvernement de cet État, que le roi de la Grande- Bretagne en avoit désiré le repos ; qu'autrefois, comme elle avoit eu le maniement des affaires, le roi d'Angleterre lui avoit fait proposer ce mariage, dont elle lui avoit obligation, mais que maintenant les choses étoient en d'autres termes^.

Cet homme n'ayant ni lettres ni marques de croyance ne fut pas si tôt arrivé à Londres qu'il voit Buckingham de la part de la Reine, l'assurant qu'il avoit trouvé S. M. très disposée à ce mariage.

Le comte de Tillières^, ambassadeur, sans prendre

1. Georges Villiers (1592-1628), favori du roi d'Angleterre Jacques I", qui le fit successivement comte (1617), marquis (1618), puis duc de Buckingham (1623), était, sans autre titre officiel que celui de grand amiral qui lui avait été conféré le 19 janvier 1617, le vrai chef du gouvernement britannique qu'il dirigeait sous le nom de son maître.

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