‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 48 sur 135 · Il est intéressant de comparer les idées exprimées ici et · texte numérisé non relu

Il est intéressant de comparer les idées exprimées ici et

Ensuite, il conseilla d'entretenir les grands et faire caresse à tout le monde, de pratiquer en effet un conseil trivial, d'autant plus nécessaire qu'il est dans la bouche et sentiment d'un chacun : récompense au bien, punition au mal.

Il s'étendit aussi sur une chose qu'on a quasi toujours pratiquée, qui est d^avoir pour maxime d'abaisser les grands, quand même ils se gouverneroient bien, comme si leur puissance les rendoit si suspects que leurs actions ne dussent point être considérées*.

Sur quoi il représenta que d'autant plus qu'ils étoient grands, plus leur falloit-il faire de bien, mais qu'aussi ne falloit-il pas qu'en leurs personnes toute faute fût impunie ; que c'étoit chose injuste que de vouloir donner exemple par la punition des petits, qui sont arbres qui ne portent point d'ombre, et qu'ainsi qu'il falloit

à la page 112 avec celles exposées au chapitre viii du tome II du Testament politique, consacré au Conseil du Roi.

1. Ce paragraphe diffère considérablement d'un passage d'un document écrit par Charpentier et intitulé : « Ce que le Roi dit au Conseil après la disgrâce de La Vieuville. » Ce document, qui a été utilisé plus loin lorsque les Mémoires rapportent les paroles prononcées par le Roi en son Conseil, contient, à la fin, quelques lignes qui n'ont pas de rapport direct avec le discours du Roi; elles ont été utilisées ici d'une façon très incomplète; voici le passage dont les premiers mots ont inspiré peut-être ce paragraphe, c'est Richelieu qui parle : « S. M. parlera souvent, s'il lui plaît, avec ses princes et maréchaux de France, leur témoignant qu'il veut bien fortifier ses frontières, policer ses gens de guerre, trouver invention de soulager son peuple, faire du bien aux gens de mérite et se faire obéir vertement. Tels discours donneront à S. M. la réputation qu'elle mérite et tiendront les grands contents » (Aff. étr,, France 779, fol. 18 v").

bien traiter les grands faisant bien c'étoit eux aussi qu'il falloit plutôt tenir en discipline ^

Il lui dit, en outre, que le plus de familiarité que S. M. pou voit avoir avec la Reine sa femme étoit le meilleur; car, outre que Dieu bénit ceux qui vivent bien, comme S. M. faisoit en mariage, un Dauphin étoit nécessaire à la France et à la sûreté de sa personne^.

Ensuite, il lui dit qu'il garderoit cet ordre en toutes les demandes qu'on lui voudroit faire, qu'il en avertiroit S. M. et se chargeroit, en sa personne, du refus de celles qu'elle ne pourroit accorder, et, pour celles qu'elle voudroit donner, il feroit semblant de n'en vouloir parler; cependant, il conseilleroit les parties de faire leurs demandes eux-mêmes au Roi, afin que la grâce vienne purement de lui et qu'ils en aient obligation à lui seuP.

1. Comparez les trois paragraphes précédents aux passages du t. III des Mémoires (p. 310, 311 et 316) relatifs à l'attitude que la Reine mère conseillait au Roi d'avoir à l'égard des princes et des grands du royaume.

2. Le rédacteur de ce paragraphe dans le ms. A avait rais primitivement les verbes au présent de l'indicatif. Sancy les a mis à l'imparfait. On peut rapprocher les termes des paragraphes précédents de ceux des pages 264, 279, 306, 308 du tome III des Mémoires où il est question des rapports de Louis XIII avec Anne d'Autriche et de l'attitude de la jeune Reine.

3. Les deux paragraphes précédents sont l'utilisation presque textuelle des derniers paragraphes du document écrit par Charpentier, mentionné ci-dessus p. 124, note 1, et conservé aux Aff. étr., France 779, fol. 18; voici quel est le texte du document en question, pour ce passage : « Le plus de familiarité que le Roi peut avoir avec la Reine sa femme est le meilleur, car, outre que Dieu bénit ceux qui vivent bien, comme S. M. fait

Il finit par* les supplications qu'il fit au Roi de se gouverner en sorte que tout le monde reconnût qu'il pensoit à ses affaires comme il étoit à désirer^.

Il s'y disposa volontiers et lui fit l'honneur de lui dire, en plein Conseil^, qu'il verroit dorénavant ses affaires, et avec plaisir, puisqu'elles seroient conduites avec ordre; que, jusques alors, il n'avoit rencontré pour ses ministres que des gens si intéressés et passionnés qu'au temps qu'ils lui demandoient pour lui parler de ses affaires, ils lui parloient de leurs intérêts et le pressoient de choses injustes, en considération de quoi il les fuyoit; que par le passé on avoit voulu dire qu'il étoit, de son naturel, rigoureux ; mais

en mariage, un Dauphin est nécessaire à la France. Le Cardinal gardera cet ordre, en toutes les demandes qu'on voudra faire au Roi, qu'il en avertira S. M. et se chargera en sa personne du refus de celles que S. M. ne pourra accorder; et pour celles qu'elle voudra donner, il fera semblant de n'en vouloir parler. Cependant, il conseillex^a les parties de faire leurs demandes eux-mêmes..., etc. » (le reste comme dans le texte). Comparez ce passage des Mémoires avec les pages 24 à 31.

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