Première leçon de B : enfin les supplications
2. Comparez ce paragraphe avec le document écrit par Charpentier, conservé aux Affaires étrangères, France 779, fol. 18. — Depuis la page 110 jusqu'à ce paragraphe, le manuscrit A, quoique revu, a été très peu corrigé. Les corrections, souvent peu importantes, reprennent ici plus nombreuses.
3. Ce qui suit jusqu'à la fin du paragraphe est tiré du document cité plus haut, p. 124, note 1, qui est le discours prononcé par le Roi en son Conseil. 11 a été copié presque textuellement dans A, dont il a formé la première leçon, sauf pour un passage relatif au président Le Jay (voyez plus loin), qui ne figure pas sur le document en question, mais que l'on trouve dans A. Les corrections apportées à la première leçon de A sont de la main de Sancy. Voici le texte du document qui relate les paroles du Roi (Aff. étr., France 799, fol. 18) :
que c'étoient le Connétable, Puyzieulx et La Vieuville qui le portoient à l'être et se déchargeoient sur lui de leurs mauvaises humeurs, faisant, par ce moyen, croire, à ses dépens, qu'on leur avoit beaucoup d'obligation; qu'on avoit aussi voulu donner impression qu'il n'aimoit pas à donner ; mais que les mêmes en étoient la cause, pour ce que perpétuellement ils lui disoient, en particulier, que les nécessités de l'État ne permettoient pas qu'il donnât, et, par ce moyen, s'excusoient malicieusement envers tout le monde des choses mêmes qu'ils lui déconseilloient de donner, et, quand il faisoit du bien à quelqu'un, ils en tiroient toute l'obhgation à eux, disant qu'ils avoient eu beaucoup
« Je verrai mes affaires dorénavant et ce avec plaisir, puisque ce sera avec ordre. On a cru jusques ici que je rie m'y plaisois pas. Savez-vous pourquoi? J'ai été jusques à présent si malheureux que d avoir des gens si intéressés et si passionnés qu'autant qu ils me demandoient pour me parler de mes affaires, ils me parloient de leurs intérêts et me pressoient tle choses injustes, en considération de quoi je les fuyois. Maintenant, je ne suis pas de même. On verra ce que je ferai pour la réformation de mon Etat. Par le passé, on a voulu dire que j'étois de mon naturel rigoureux, et ce parce que le Connétable, Puyzieulx et La Vieuville me portoient à l'être et se déchargeoient sur moi de leur mauvaise humeur, faisant par ce moyen croire à mes dépens qu'on leur avoit beaucoup d'obligation. On a encore voulu donner impression que je n'aimois pas à donner; perpétuellement, ils me disoient en particulier que les nécessités de mon Etat ne permettoient pas que je donnasse. Et, par ce moyen, ils vouloient s'excuser envers tout le monde des choses mêmes qu'ils me déconseilloient de donner. Ces Messieurs disoient qu'il y avoit beaucoup de peine à obtenir quelque chose de moi, afin qu'on leur en eût beaucoup d'obligation. La Vieuville se plaignoit que je me méfiois de lui, qu'ainsi il n'étoit pas possible de me servir. Je m'en méfiois, parce que je n'estimois pas sa tête, que je voyois qu'il ne but-
de peine à l'obtenir de lui ; que La Vieuville se plaignoit qu'il se méfioit de lui, qu'ainsi il n'étoit pas possible de le servir ; qu'il s^en méfioit pour ce qu'il n'estimoit pas sa tête et voyoit qu'il ne buttoit qu'à ses intérêts et ses passions; ce qu'il connut dès le commencement par le président Le Jay, qu'il vouloit faire garde des sceaux* ; mais que s'il n'eût point été tel il n'eût point fait cette plainte de lui. Quant à l'estime qu'il devoit faire des grands, le Connétable, Puyzieulx et La Vieuville l'avoient détourné de prendre grande familiarité avec eux : ce qu'il reconnoissoit bien maintenant qu'ils faisoient, de peur qu'ils ne prissent crédit auprès de lui à leur préjudice ; mais qu'à l'avenir on verroit s'il les aimeroit.
Le Cardinal l'en loua^ autant qu'il lui fut possible et le convia de garder cet ordre-là^.
Cela fait, on écrivit aux provinces, gouverneurs et parlements, et aux ambassadeurs du Roi résidant es cours des rois et princes nos voisins, pour les informer des mouvements du Roi sur le fait dudit changement*.
toit qu'à ses intérêts et ses passions que je reconnus dès le commencement. Mais, s'il n'eût point été tel, je m'y fusse fié. On a dit que je n'aimois pas les grands; et le Connétable, Puyzieulx et La Vieuville me détournoient de prendre grande familiarité avec eux, de peur qu'ils ne prissent crédit avec moi à leur préjudice. On verra maintenant si je les aime. »
1. Les mots : par le président Le Jay qu'il vouloit faire garde des sceaux ne figurent pas dans le document qui a servi de source à ce passage (voyez la note précédente).