‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 67 sur 135 · Voyez la note 1 de la page précédente · texte numérisé non relu

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2. Voyez sur ces négociations, Ed. Rott, Histoire de la représentation diplomatique de la France auprès des cantons suisses..., t. m (1610-1626), p. 168-184.

secrètes menées pour l'une et l'autre alliance, qui leur causoient tant de troubles et d'inconvénients, ils dressèrent enfin, en l'an 1619, certains articles qu'ils promirent entre eux d'observer.

On ne laissa pas de recommencer encore de nouvelles poursuites, et avec tant de violence que ce n'étoient plus que meurtres et brigandages, l'un et l'autre parti, qui favorisoient Espagne ou Venise, selon qu'il avoit le dessus, exerçant à son tour beaucoup de cruautés. Tant qu'enfin, au commencement de juillet, l'an 1620, Pompée Planta*, chef des mutins du parti d'Espagne, qui avoit, l'année précédente, été condamné d'être mis en quatre quartiers, se mit aux champs avec mille six cents hommes^ levés aux dépens du roi d'Espagne sur les petits cantons, et entreprit de se saisir de la Basse-Engadine, de laquelle toutefois il ne put se rendre maître^.

Les Grisons, se voyant ainsi attaqués par les rebelles, en donnent avis à l'ambassadeur de Venise résidant à Zurich ^, le priant que, nonobstant le décret

1. Pompée Planta (1569-1621), sieur de Paspels et de Rietberg, fut assassiné en février 1621 à Rietberg.

2. Le manuscrit B porte seize mille hommes; le manuscrit A donne la bonne leçon que nous avons suivie.

3. Nous donnons la leçon du manuscrit A. Le manuscrit B met : il ne put s'en rendre maître. — Les événements si succinctement rapportés par les Mémoires ont été racontés en détail par M. Ed. Rott dans son Histoire de la représentation diplomatique de la France auprès des cantons suisses..., t. IIL Nous renvoyons, pour tout ce qui suit, à cet excellent ouvrage, à l'aide duquel nous avons rédigé la plupart des notes biographiques ou historiques relatives à la Valteline.

4. Jean-Baptiste Lionello fut secrétaire de la République de Venise et son résident à Ziirich d'août 1620 à octobre 1621.

no MÉMOIRES [1624]

qu'ils avoient fait de ne permettre à aucun ambassadeur de prince étranger d'entrer en leur État, il lui plût, au danger éminent qui les menaçoit, venir à Goire les assister de ses bons avis.

Il prend cette occasion au poil pour renouer son alliance, qui étoit toute prête d'être conclue lorsque le gouverneur de Milan*, n'ayant plus d'autre moyen de l'empêcher, convie les Valtelins de se rebeller contre les Grisons.

Depuis l'alliance que les Grisons firent avec Venise en l'an 1603, comme on a vu ci-dessus, ce ne furent que troubles et divisions en cet État-là, où les divers partis de France, Venise et Milan, exercèrent les uns contre les autres beaucoup d'injustices et cruautés, selon que chacun d'eux venoit à avoir la puissance en main. Et comme il arrive qu'au temps des dissensions civiles les plus méchants ont lieu d'autorité, les juges et les officiers établis par les Grisons commettoient plusieurs extorsions sur le peuple, principalement sur les catholiques, qui sont les plus foibles d'entre eux, et en la Valteline, où il y en a le plus grand nombre.

Ge mauvais traitement donna une grande disposition aux Valtelins à secouer le joug des Grisons; mais, comme ils n'avoient pour cela autre appui que celui d'Espagne, ils ne l'osèrent entreprendre qu'en ce temps auquel le gouverneur de Milan, pour donner l'exclusion à la ligue de Venise, qu'il voyoit déjà conclue, le leur conseilla avec promesse de les y assister.

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