‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 71 sur 135 · Il mourut le 31 mars · texte numérisé non relu

Il mourut le 31 mars

5. La clause du testament de Philippe III concernant la restitution de la Valteline a été imprimée dans le Mercure françois, t. X, année 1624, p. 124.

les forts devroient être rasés, et toutes choses incontinent remises comme elles étoient auparavant * .

On attendoit l'exécution de ce traité; mais les troubles des huguenots en France la faisoient différer de jour en jour^, car nos hérétiques firent, le 26® novembre 1620, une assemblée générale à la Rochelle contre la volonté du Roi, et une autre de l'abrégé à Montauban, lesquelles ils ne voulurent rompre, quelque commandement exprès qu'ils en reçussent de S. M., sous peine d'être déclarés criminels de lèse-majesté^. Ce qui fit acheminer le Roi à Saumur, dont il s'assura % de là à Saint- Jean qu'il assiégea et prit^ et à Montauban qu'il assiégea, mais avec un moins heureux succès*^.

Les Espagnols, qui espéroient que ces mouvements prendroient un long trait de temps, sursoient l'exécution promise ''^; en sorte que, durant le siège de Montauban, on disoit publiquement que la restitution

1. Voyez pour plus de détails et pour confirmation du récit des Mémoires, Éd. Rott, op. cit., p. 406-409.

2. Sancy a mis sur le manuscrit A différer de Jour en jour, au lieu de prolonger.

5. Le siège fut mis devant Saint-Jean-dAngély dans les derniers jours de mai 1621 et la ville prise le 18 juin 1621 [Mémoires, t. III, p. 147-149).

6. Mais avec un moins heureux succès a été mis par Sancy sur le manuscrit A à la place de aussi. — Le siège de Montauban, qui avait été investi le 18 août, fut en effet levé en novembre 1621. Voyez les Mémoires, t. III, p. 155, 161, 162, 164, 165.

7. Première rédaction du manuscrit A : « ... sursoient l'exécution promise pour voir auparavant quels succès ils auroient. »

de la Valteline dépendoit de la prise de cette place.

Cependant, ils tramoient, en tous lieux, toutes sortes de ruses pour favoriser leur mauvais dessein ^ .

Premièrement, à Rome, le duc de Feria^ força les Valtelins à recourir au pape Grégoire XV^ pour le supplier de faire suspendre l'exécution du traité.

Le président d'Ascoli, sous prétexte d'aller à Notre- Dame-de-Lorette, passa à Rome pour y animer S. S.

En Espagne, ils firent qu'on leur dépêcha de Milan le chancelier^ chargé des griefs de l'archiduc Léopold, de la clameur des Valtelins et des raisons de conscience, d'honneur et d'État, pour n'exécuter ledit traité de Madrid.

Et tout publiquement, à la nouvelle du siège de Saint-Jean-d'Angély, ils représentèrent en plein conseil letirs intérêts de conserver la Valteline, l'empêchement que le Roi avoit dans son royaume pour ne s'y opposer^; que le roi d'Espagne n'auroit jamais une saison si favorable pour avoir les armes spirituelles et temporelles à son pouvoir et demeurer le seul arbitre

1. A la place de ce paragraphe, le manuscrit A portait primitiveraent : « Le traité donc ne fut pas plus tôt fait qu'en même temps ils ne commençassent à tramer en tous lieux toutes sortes de ruses pour favoriser leur mauvais dessein. »

2. Le manuscrit B porte le duc de .Senapar suite d'une bévue du scribe, qui n'a pas su lire le mot sur le manuscrit A.

3. Le grand chancelier de Milan fut envoyé à Madrid par Feria en avril 1621, puis de nouveau en juin; c'est lors de cette seconde mission qu'il réussit à convertir le gouvernement espagnol aux vues de Feria (Ed. Rott, op. cit., p. 434, 480).

4. Première rédaction du manuscrit A : « Et à la nouvelle du siège de Saint-Jean-d'Angély, ils représentèrent en plein conseil rempêchemcnt que le Roi avoit dans son royaume pour ne s'y opposer. »

du monde; [ils] représentèrent l'importance d'avoir des papes à sa dévotion, et la faute que Philippe IP^ fît de ne subjuguer pas l'Italie durant la guerre de la Ligue, parce qu'y étant absolu et l'empire en la maison d'Autriche, il pouvoit prétendre légitimement d'arriver où Charles V° n'a voit pu parvenir.

Ensuite, en l'an 16212!, ils mirent de nouvelles et captieuses propositions en avant à Aranjuez^, exprès et à dessein que l'ambassadeur de France^ les ayant seulement écoutées, bien que ce fût sans les agréer ni s'y arrêter, ils pussent néanmoins prétendre, comme ils firent depuis, que ce traité postérieur avoit annulé et anéanti le premier^.

A Milan, le gouverneur, sans aucun égard aux promesses du roi son maître, et contre les protestations

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