Philippe II, roi d'Espagne de 1555 à
2. Le manuscrit A porte Arengois et le manuscrit B Arangois. — Il s'agit d'Aranjuez, ville d'Espagne à 35 kilomètres de Madrid sur la rive gauche du Tage.
3. C'était alors Charles d'Angennes, sieur du Fargis, comte de la Rochepot, ambassadeur ordinaire en Espagne de 1620 à 1629, plus tard conseiller d'Etat et maréchal de camp. Il avait signé, le 5 mars 1626, le traité de Monçon avec l'Espagne, mais il fut désavoué. Il mourut au siège d'Arras en août 1640. Fils de Philippe d'Angennes, seigneur du Fargis, et de Jeanne d'Hallwin, il avait épousé Madeleine de Silly, comtesse de la Rochepot, qui fut dame d'atour d'Anne d'Autriche de 1626 à 1631 et mourut à Louvain en 1639, ayant suivi la Reine mère en Flandre.
4. Cette convention, signée à Aranjuez le 3 mai 1622 entre du Fargis et Olivarès, en présence des envoyés du Saint-Siège, avait pour objet de faciliter l'exécution du traité de Madrid (Ed. Rott, op. cit., p. 533). Cependant, le traité, considéré comme dangereux par la France, ne fut pas ratifié par Louis XIII dans les délais prescrits et fut rejeté [Ibid., p. 551).
journellement réitérées à S. M. d'y satisfaire de bonne foi, envoyoit continuellement vers les Grisons les solliciter d'abandonner le Roi et faire un nouveau traité avec lui, à l'exclusion de l'alliance de France, interdisant le commerce avec eux, pour les contraindre, par la nécessité, à ce à quoi il ne les pouvoit induire de leur bon gré.
En France, ils y travaillèrent directement et indirectement : directement, en ce que le roi d'Espagne ayant envoyé au marquis de Mirabel, son ambassadeur, commission de convenir avec les ministres du Roi, au contentement de S. M., sur les manquements du traité de Madrid, et les moyens en ayant été trouvés tels, en avril 1 622, qu'assurément l'accord s'en fût ensuivi à la satisfaction des intéressés, ledit marquis fut aussitôt désavoué de son maître de ce qu'il avoit fait; indirectement, en ce que les Espagnols n'oublièrent rien de ce qu'ils purent pour nous troubler au dedans et au dehors du royaume et nous ôter les moyens de les contraindre par la force d'armes à nous tenir la foi.
En Angleterre, étant venu l'avis d'une émotion qui arriva à Tours, pour la démolition du temple des huguenots*, l'ambassadeur d'Espagne fit tellement exagérer cette affaire par les pensionnaires d'Espagne aux deux chambres du parlement, qu'il s'en fallut peu que le départ du Roi pour aller en Poitou, conjoint avec cette nouvelle, ne fît résoudre les puritains à se déclarer ouvertement en faveur des rebelles.
1. Cet incident, raconté tout au long dans le Mercure francois, t. VII, année 1621, p. 291-303, est mentionné au t. III des Mémoires, p. 141-142. Il eut lieu vers le 20 avril 1621.
Le parlement ayant donné deux subsides au roi d'Angleterre de huit cent mille livres pour en secourir le Palatin, l'ambassadeur d'Espagne représenta que, par le moyen du mariage de l'Infante et du prince de Galles, les prétentions de Bourgogne et d'Angleterre dévoient être conjointes, et que le Roi s'en allant faire la guerre en Guyenne à ceux de la Religion prétendue, ils dévoient assister les Rochelois, afin qu'ils lui gardassent une porte pour entrer en France.
Le roi eût suivi le conseil de l'ambassadeur susnommé si le parlement ne s'y fût ouvertement opposé, disant que l'argent qu'ils avoient donné étoit destiné pour le secours de ses enfants, qui lui dévoient être plus proches que les Rochelois.
Ledit ambassadeur persécuta tellement le roi de la Grande-Bretagne qu'il le fit résoudre d'envoyer vingt vaisseaux aux Rochelois pour favoriser leurs desseins. Il n'en put être détourné que par l'avis qui lui fut donné d'envoyer premièrement un ambassadeur au Roi pour le convier à donner la paix à ces rebelles. Ce que l'ambassadeur d'Espagne ayant su, il en donna avis au marquis de Mirabel, lequel fit animer par quelque prélat le nonce * de S. S., jusqu'à s'opposer à l'arrivée du susdit ambassadeur. Il donna plusieurs mémoriaux au Roi sur ce sujet et persévéra jusqu'à ce qu'on lui dit qu'il ne gagneroit rien de faire cette instance, et quand il verroit le succès de ce voyage, il béniroit Dieu de ce que l'on l'auroit laissé venir.
Ledit ambassadeur étant arrivé^, tant s'en faut qu'il