Le duc de Feria
2. Le manuscrit A porte : depuis laquelle paix elle lui en a payé jusqu'à présent l'annuelle distribution d'argent en tierce et
dédommagement des dépenses qu'ils avoient faites en cette guerre et qu'ils méritoient au moins la liberté des passages, nous étoit bien une évidente preuve qu'ils n'avoient pas eu la religion pour principe en ces mouvements; car, en ce cas. Dieu seul devoit être le prix de leur travail ; que, s'ils y ont été portés pour leurs intérêts*, c'est injustice d'en demander récompense de personne^.
Que devroit demander le Roi pour les frais qu'il a faits en cette guerre pour la conservation du pays, si le roi d'Espagne en demande une très grande pour les frais qu'il a faits pour leur faire du mal?
Quant aux passages, c'est chose si importante que les Grisons ne sont en nulle considération que pour cela, et ils ne peuvent être accordés que par la volonté du Roi, qui seul les a pour lui et pour ses alliés et amis, et ce par un article exprès de l'alliance qu'il a avec les Grisons depuis l'an 1 509.
Aussi cette réponse, que S. S. reçut le 25^ décembre audit an, la désabusa^ et lui fit voir manifestement la mauvaise foi d'Espagne en ses procédures, son dessein de s'agrandir, à quelque prix que ce soit, et de ne pas rendre^ ce qu'elle avoit usurpé, et que c' étoit
égale portion. C'est Sancy qui a fait les corrections sur le manuscrit B.