Ici commence le cahier onzième du manuscrit A. La feuille
folie de rien espérer d'elle, en ce fait-ci, que par la voie de la force.
Néanmoins, pour empêcher que l'on n'en vînt aux armes, elle ne laissa pas de projeter un autre accommodement en février 1624\ qu'elle proposa au commandeur de Sillery, lors ambassadeur du Roi auprès d'elle, pour l'accepter.
N'ayant pas pouvoir de ce faire, il consentit seulement qu'il fût envoyé en France pour voir si S. M. l'agréeroit. G'étoit lorsque le chancelier de Sillery, son frère, et le sieur de Puyzieulx, son neveu, furent éloignés de la cour, et le Cardinal fut appelé au Conseil.
Par ce traité, les passages étoient accordés au roi d'Espagne, et les Grisons prioient les deux rois de soutenir, par armes ou autrement, les Valtelins contre eux, s'ils manquoient à tenir auxdits Valtelins ce à quoi ils étoient obligés vers eux dans ledit traité.
Le jugement de ce manquement étoit entièrement remis à S. S.^, et, quatre mois après qu'elle l'auroit déclaré, si le Roi n'y apportoit remède, il étoit permis au roi d'Espagne d'entrer en armes en la Valteline,
de couverture porte (fol. 103) : au haut de la page, à gauche, « co » et « bon ». Sancy a griffonné au milieu « 1624. Cahier 11* », et Charpentier a écrit : « Traité du commandeur de Sillery non recevable. — Son rappel de Rome. — Et envoi du sieur de Bautru audit lieu, avec ses ordres. »
1. Le texte de ce projet se trouve dans le Mercure français, t. X, année 1624, p. 155 et suiv.
2. La fin du paragraphe précédent, depuis les Valtelins contre eux, et les premiers mots de ce paragraphe ont été écrits par Sancy en marge du manuscrit A, à la place de la rédaction suivante : « ... les Valtelins contre eux s'ils y manquoient. Le jugement étoit entièrement remis... »
ainsi que la même permission lui étoit encore dormée si les Grisons entroienl armés en la Valteline, bien que ce fût pour une cause particulière '.
Le Cardinal dit au Roi que ce second traité^ n'étoit pas recevable, et à cause des articles politiques qui étoient en icelui, et à cause des circonstances qui étoient apportées à ceux qui concernoient la religion.
Quant aux articles politiques, d'autant qu'ils donnent la liberté des passages au roi d'Espagne, et que la raison pour laquelle il lui est important de les avoir est celle-là même pour laquelle^ il nous l'est, et à toute la chrétienté, qu'il ne les ait pas; que la Valteline confine vers le levant avec le pays d'Autriche au comté de Tyrol; vers le midi, elle joint les montagnes de Bresse^ et de Bergame^ qui sont aux Vénitiens;
Vers le couchant, elle est bornée du Milanois, aboutissant au lac de Gôme ;
Et du côté du septentrion, elle confronte les Alpes habitées par les Grisons, de manière que toutes les vallées et passages desdites Alpes pour aller en Italie se viennent rendre dans la Valteline;
[Il dit] que, la situation de cette vallée étant telle, ce
1. Ces deux projets avaient été arrêtés en présence du commandeur de Sillery, le 24 février 1624 (Ed. Rott, op. cit., p. 692-693). Voyez aussi le Mercure francois, t. X, année 1624, p. 154 et 161.
2. Il y avait en réalité deux projets de traité, l'un pour le règlement des questions confessionnelles en Valteline et Rhétie, l'autre pour celui des difficultés d'ordre politique dont le Pape s'était attribué l'arbitrage.
3. Ces cinq mots ont été ajoutés sur le manuscrit A par Sancy.