Bonaventure de la Font, abbé de Foix de 1617 (?) à
a voit fait une forte liaison avec ses proches, par les discours qu'il en tint à Contades, lui disant qu'il se vouloit accommoder avec les huguenots pour sa fortune, qu'il voyoit bien le dégoût du Roi, qu'il traitoit la Reine de sorte qu'elle seroit insensible si elle n'en avoit du sentiment, et partant qu'il croyoit que son seul refuge pouvoit être avec les huguenots, parmi lesquels il seroit fort considérable par le nombre des places et des deniers qu'il avoit en main.
Sa mort avoit été prédite, et à lui et au public, par beaucoup de personnes et en beaucoup de manières ; mais il n'est pas en la puissance de l'homme d'allonger d'un seul moment la trame des jours que Dieu lui a ordonnés.
M. de Luxembourg m'a dit que, comme le Roi passoit pour aller au siège de Glairac, un homme l'étoit venu trouver, qui lui avoit dit qu'il prioit le Connétable de n'aller point à Monheurt, parce qu'il étoit là menacé d'un malheur et qu'il courroit la fortune de sa personne ; que, quand à Monheurt il prit congé de lui pour aller au-devant du secours qu'on craignoit de Sainte-Foy\ il s'en sépara comme d'une personne qu'il ne devoit jamais voir; et que, sur la première nouvelle de son indisposition, il dit à Déageant que c'étoit fait de sa vie.
Le Roi passant à Agen, un capucin, tenu en réputation de grande sainteté et à qui Dieu faisoit des grâces particulières en ses extases, qui étoient fréquentes, étant interrogé des événements de cette guerre, dit à son gardien* que Dieu mettroit une grande confusion