‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 102 sur 200 · Le colonel d'Ornano · texte numérisé non relu

Le colonel d'Ornano

3. Peut-être Barthélémy de Rhodes, sieur d'Auriac, viguier d'A.vignon en 1613, ou quelqu'un de sa famille.

capable d'intelligence, de mener une trame secrète pour l'emporter par la trahison des soldats ou par la corruption du capitaine. La composition en tut faite à vingt-quatre mille écus; mais la longueur qu'il apporta à faire délivrer les deniers donna loisir au prince d'Orange d'en découvrir la trame et d'y apporter remède. Il prenoit en ce temps-là le prétexte de religion ; mais ii fit voir tôt après que, comme grand politique, il savoit accorder le bien de l'Église et celui des huguenots; car il traita d'Avignon, ce qui fit dire à des personries qui eurent connoissance de ses pensées, qu'Avignon étoit une perdrix, mais qu'il étoit si délicat qu'il ne la vouloit pas manger sans orange.

Pour faciliter ce dernier traité, il envoya Marossan* à Rome pour juger sur les lieux qui pourroit parvenir au pontificat après Paul V% afin que, du temps qu'il ne seroit qu'en espérance fort éloignée de cette souveraine dignité, il promît, moyennant l'assistance que la France lui donneroit et notable somme de deniers qui pourroit être employée en autre domaine pour l'Église, de lui vendre le comté d'Avignon, ou, au cas que cela ne se pût faire, au moins l'en rendre gouverneur et qu'on lui donnât la qualité des armes à perpétuité.

Marossan promit force pensions, mit ses chimères en avant, en un lieu où les esprits sont aussi retenus pour ne pas faire ce qui leur sera préjudiciable comme ils sont pénétrants à le découvrir et adroits à l'éviter. On cabale, à cet effet, avec le cardinal Borghèse^, qui

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