Voyez tome II, p
2. Le cardinal Maurice de Savoie (1593-1657) ; voyez tome II, p. 310.
3. .Jacques Ollier, conseiller au parlement de Paris en mars 1595, maître des requêtes en mai 1617, intendant à Lyon la même année, mourut en 1632. Il fut le père du fondateur de Saint-Sulpice.
Il étoit d'un esprit médiocre et timide; peu de foi, point de générosité, trop foible pour demeurer ferme à l'assaut d'une si grande fortune, en laquelle il se perdit incontinent, s'y laissant emporter comme en un torrent, sans aucune retenue; ne pouvant prescrire de bornes à son ambition capables de l'arrêter et ne se reconnoissant plus lui-même, comme un homme qui est au haut d'une tour à qui la tête tourne et n'a plus de discernement. Il voulut être prince d'Orange, comte d'Avignon, duc d'Albret, roi d'Austrasie, et n'eût pas refusé davantage s'il y eût vu jour^ Les flatteries l'emportèrent jusques-là qu'il crut que toutes les louanges qu'on lui donnoit étoient véritables et que la grandeur qu'il possédoit étoit moindre que son mérite; de sorte qu'il laissoit échapper plusieurs paroles qui étoient mal reçues des personnes d'entendement, comme, entre autres, que sa faveur n'étoit pas, comme celles des autres favoris, fondée en la seule volonté de leur maître, mais que la sienne l'étoit en la nécessité, comme ayant sauvé le Roi et l'État de divers périls qui les menaçoient de ruine s'il n'y eût pourvu. En suite de quoi il fut si outrecuidé qu'àSaumur, la Reine mère y étant, il fît commandement aux
1. Sur ces prétentions de Luynes, voyez Avenel, t. VII, p. 473, qui croit à de l'exagération de la part de Richelieu. Voyez aussi une note de Richelieu, conservée dans le volume 521 du fonds Clairambault et publiée par M. îlanotaux dans les Maximes d'Etat et fragments politiques du cardinal de Richelieu, p. 29. D'après cette note, Luynes aurait dit « qu'il croyoit que, si la ligne royale avoit manqué, le peuple jetteroit les yeux sur lui ». Richelieu ajoute : « Il nous dit de plus qu'il avoit voulu se rendre duc de Bretagne et commencer par un engagement que le Roi lui feioit du duché de Bretagne, moyennant cinq raillions de livres qu'il lui ])rêteroit. n
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maréchaux des logis de le loger immédiatement après le Roi et la Reine sa femme et leur dit : « Vous voyez ce que le Roi vous commande, si vous y manquez, je vous ferai châtier. » Il étoit insolent en son gouvernement et ne vouloit souffrir que ceux qui étoient dans les principales charges lui apportassent aucune raison pour se défendre de faire ce qu'il leur ordonnoit; et il usoit d'une autorité si absolue et avec si peu de marques de dépendance d'un souverain qu'il donnoit occasion à ses ennemis de dire que celui qui, en trois ans, avoit fait un chemin qu'on ne pou voit prévoir, pouvoit bien, en un instant, faire celui qu'il étoit impossible de ne prévoir pas au train qu'il prenoit; et aux personnes qui étoient sans intérêt que de la bienséance et du bien de l'État, qu'il faisoit plusieurs actions de roi, mais que plus il en pratiquoit plus montroit-il le désir passionné qu'il avoit de l'être, et tout ensemble l'incapacité qu'il avoit à l'être*; car, écrivant à l'assemblée de Loudun^, qui ne se vouloit pas assurer de ce qu'on lui promettoit que sur la parole du Roi, il leur manda que sa parole valoit bien des brevets, et se scandalisa contre le marquis de Gœuvres de ce que, sur une affaire qui concernoit le cardinal Bentivoglio, il s'excusoit de n'avoir pas fait ce qu'il lui avoit mandé, d'autant, disoit-il, qu'il n'en avoit point eu des lettres du Roi, « comme si mes lettres, dit lors le Connétable, n'étoient pas meilleures qu'aucunes autres qu'on lui pût écrire. » 11 en étoit venu jusqu'à ce point que, sans plus parler de la personne du
1. Ce dernier membre de phrase a été écrit en interligne par Sancy, d'une écriture très appliquée.