‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 105 sur 200 · L'assemblée de Loudun se sépara le 13 avril · texte numérisé non relu

L'assemblée de Loudun se sépara le 13 avril

Roi, il disoit^ : « Je vous ferai donner une charge de maréchal de France; je vous ferai ceci, je vous ferai cela » ; au lieu de dire : « Je vous moyennerai ces grâces de S. M. » Et ce lui étoit une chose si ordinaire que le duc de Ghaulnes dit à la Reine mère, parlant d'une compagnie des Gardes qu'on disoit être vacante, que le Connétable avoit dit au Roi qu'il y mit qui il voudroit, d'autant que, quant à lui, il le laissoit disposer de ces choses-là et ne s'en mêloit point.

A la fin même, il franchit tout le respect qu'il de voit à S. M. et ne lui rendoit pas les soumissions d'un sujet, étant- obligé comme il étoit à son maître.

Lorsque le Roi fut à Amiens, la garnison ne sortit point, comme on a accoutumé quand le Roi entre en une place ; ains ses gardes n'entrèrent point avec lui dans la citadelle, où il fut seul à la merci de celui qui peut vouloir mal à sa personne, puisqu'il veut bien à son État et que son ambition est déréglée; et non seulement ne parloit pas du Roi avec la dignité convenable, mais osoit même le taxer quelquefois de manquement et d'imperfection, disant assez haut à qui vouloit l'entendre qu'il rendoit un roi, qui n'agissoit point, égal au plus grand monarque du monde.

La timidité, qui suivoit la foiblesse de son esprit, étoit accompagnée de soupçons, de ruses et d'artifices, èsquels la naissance que la nature lui avoit donnée en un pays qui est assez coutumier d'en user, le fortifioit.

Il n'y avoit finesse dont il ne s'avisât pour décevoir l'esprit du Roi en sa faveur et au désavantage de tous les autres, soit en l'environnant de toutes ses créa-

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