‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 11 sur 200 · Jean de Varigniez, seigneur de Blainville, premier gen · texte numérisé non relu

Jean de Varigniez, seigneur de Blainville, premier gen

choses qu'il avoit traitées de sa part, qu'elle feroit à lui-même * .

En même temps, il fait partir les ambassadeurs que le Roi envoie en Allemagne pour moyenner, par son autorité, l'accommodement des troubles dont nous avons parlé l'année précédente.

Les ambassadeurs étoient M. d'Angoulême, accompagné des sieurs de Béthune et de Préaux-GhâteauneuP.

La guerre y étoit cruellement allumée; tous les princes d'Allemagne avoient armé; Cologne et Trêves levèrent bon nombre de gens de guerre qu'ils en-

tilhomme de la chambre du Roi, conseiller d'Etat, ambassadeur extraordinaire en Angleterre en 1625, mort en 1628.

1. Le Mer-cure français se contente de ces quelques mots : « Il se passa deux mois de temps en diverses allées et venues que fit le sieur de Blainville et autres personnes notables de la part du Roi vers ladite dame Reine mère à Angers, pour traiter du contentement qu'elle désiroit afin de venir trouver le Roi et, par ce moyen, dissiper les nuages que l'on voyoit se former en beaucoup de provinces sous ce spécieux prétexte de la réformation de l'Etat; mais ils ne purent rien gagner pour lors sur les défiances qu'on lui avoit données » (t. VI, année 1620, p. 271).

2. Charles de l'Aubespine (1580-1653), marquis de Châteauneuf, abbé de Marsan, de Préaux et de Noirlac, ambassadeur extraordinaire en Hollande en 1609. chancelier des ordres du Roi en 1620, fut ambassadeur à Venise puis en Angleterre en 1629 et 1630, garde des sceaux de 1630 à 1633, époque de sa disgrâce, prisonnier d'Etat à Angoulême jusqu'en 1643, puis garde des sceaux à nouveau de 1650 à février 1651. — Ces ambassadeurs partirent le 6 mai de Paris, accompagnés d'une troupe d'environ quatre cents gentilshommes des meilleures maisons de France et arrivèrent à Ulm, où avait lieu l'assemblée des princes protestants d'Allemagne, le 6 juin (voyez Mercure français, t. VI, année 1620, p. 139-142).

voyèrent au duc de Bavière* qui servoit l'Empereur, mais qui ne purent passer le long du Palatinat que par une mutuelle promesse qui fut faite par les évêcjues de Wiirzbourg et de Bamberg^, de laisser semblablement passer les troupes c|ui seroient envoyées de Hollande et ailleurs au parti protestant^.

Le duc de Saxe'^, voyant tout en armes autour de lui, arma aussi; ce dont les Bohèmes lui ayant envoyé demander la cause et son assistance, il leur répondit que, d'assistance ni de conseil en leurs affaires, il ne leur en donneroit point, vu qu'ils avoient entrepris ce qu'ils avoient fait sans son avis, et contre l'Empereur qui étoit leur Roi et qu'ils avoient reconnu pour tel ; qu'il ne rendroit aussi raison de ce qu'il faisoit qu'à l'Empereur; néanmoins qu'il vouloit bien leur dire, pour les ôter de peine, qu'il n'armoit que pour défendre son pays contre ceux qui voudroient entreprendre contre lui^.

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