Var. : savoit (ms. Français
lui'fît la guerre à découvert qu'à cachette et qu'il lui seroit plus honorable d'agir en lion qu'en renard.
Monsieur le Prince lui témoigna un extrême regret de la croyance qu'elle prenoit de lui; qu'il essaieroit de lui ôter ses soupçons par une continuelle fidélité ; que, s'il avoit été voir Ruccellaï, ç'avoit été pour lui reprocher sa faute et non pas pour lui offrir son crédit; qu'il déféroit trop et à ses sentiments et à son autorité pour se vouloir opposer à son contentement.
Mais, quelque protestation qu'il lui fit, il n'en devint pas meilleur, mais plus fin ; il ne pensa pas à la servir avec plus d'affection, mais à la tromper avec plus d'adresse. Il entreprit de porter les choses à la guerre, sous prétexte d'affermir l'autorité du Roi parmi ses sujets, mais en effet sous l'espérance que, comme elle ne pourroit suivre le Roi partout où sa personne seroit nécessaire, il auroit un bon moyen d'empêcher qu'elle ne prît part au maniement des affaires.
L'affaire est proposée; on prend jour d'en délibérer dans le Conseil. Je conseille à la Reine d'en dire ses véritables sentiments avec courage, usant de cette précaution que, comme ses intentions n'avoient autre fin, que ses paroles n'eussent autre visée que celui de l'intérêt du Roi, du bien de l'État et du soulagement de ses peuples.
Son opinion fut qu'avant s'engager en une guerre contre les huguenots, il falloit considérer si elle étoit juste, si elle étoit possible et l'avantage qu'on en peut^ tirer; que, pour la justice, elle y est tout entière, un souverain ne pouvant être blâmé de ramener ses sujets