Var. : et se plaint devant elle (ms. Français
mère en usât librement chez sa fille, principalement étant offensée; que si, néanmoins, il y avoit quelque chose à désirer en cette action, il n'y avoit pas eu de faute dans sa volonté, n'ayant jamais eu autre but que de lui rendre l'honneur qui lui est dû.
Elle parla au Roi avec ce respect, mais à Monsieur le Prince avec plus de force. Elle lui dit qu'elle recevoit tous les jours des effets contraires à ses promesses ; qu'elle désiroit savoir s'il vouloit protéger Ruccellaï contre elle, parce qu'en ce cas elle prendroit une procédure tout autre qu'elle n'avoit fait jusqu'à présent; qu'il ne recevroit aucun mal d'elle lorsqu'elle paroitroit assez puissante pour lui en faire; mais que, s'il vouloit faire croire c|ue sa protection fût capable de le mettre à couvert contre elle, elle tàcheroit de faire voir qu'il se tromperoit en son calcul ; qu'elle connoissoit bien qu'on continuoit toujours à lui rendre de mauvais offices auprès du Roi ; qu'elle avoit assez d'esprit pour en connoître les auteurs et assez de cœur pour leur en témoigner le sentiment qu'elle eti devoit avoir; elle rendroit^ une obéissance aveugle au Roi et sauroit^ bien se maintenir en dépit des autres.
Elle ajouta qu'elle voyoit bien qu'il vouloit prendre le chemin du Connétable, gardant Ruccellaï pour être une pierre d'achoppement ; que la visite qu'il lui avoit rendue chez lui ne peut avoir d'autre fin que lui faire connoitre qu'il est son ami contre elle ; que, s'il vouloit être bien avec elle (ce qu'elle ne croiroit que par ses effets), elle en seroit bien aise et y correspondroit avec sincérité; mais qu'elle aimoit beaucoup mieux qu'il