Mercure français, t. VIII, année 1622, p
Le canon commença à jouer le 1 6^ Le 20^ le Roi fit donner l'assaut à deux cornes qu'ils avoient relevées entre deux grands bastions revêtus qui regardoieot la seule avenue par laquelle on pouvoit aller à eux. Le combat y fut si sanglant que tous les ennemis y furent tués, entre lesquels on y trouva des femmes que l'on avoit vues, les jours précédents, armées de faux et de hallebardes. Le 22^ ils furent contraints de se rendre à discrétion. Le Roi en fit pendre onze des plus séditieux et pardonna au reste * .
La nuit de ce même jour arrivèrent deux cents hommes que ceux de Montauban envoyoient pour leur secours, ne sachant pas qu'ils fussent encore rendus. Il en retourna peu d'entre eux à Montauban et furent quasi tous tués par les gens du Roi~.
S. M. reçut avis en ce lieu que dix de ses galères, que, dès l'année précédente, elle avoit fait partir de Marseille pour aller à la Rochelle, mais qui, pour le mauvais temps, avoient été obligées d'hiverner à Lisbonne, étoient arrivées à l'embouchure de la Garonne où, attendant le reste de la flotte, elles avoient sommé de se rendre ceux qui étoient dans le fort d'Argenton^ et les y avoient contraints deux jours après, de sorte qu'il ne restoit plus rien aux Rochelois dans l'embouchure de cette ri\dère^.
1. Voyez le Mercure français, t. VIII, année 1622, p. 638-648.
2. Cet incident est également raconté par le Mercure français, t. VIII, année 1622, p. 649-650.
3. Ce fort était situé dans l'île d'Argenton; voyez ci-dessus, p. 225.
4. Ce furent le comte de Joigny, général des galères, et le duc de Luxembourg qui accomplirent cet exploit [Mercure français, t. VIII, année 1622, p. 651-652).
s. M. s'en alla à Toulouse, où elle arriva le 27* juin, pour passer au Bas-Languedoc, où l'opiniâtreté des hérétiques^ étoit plus enragée qu'en nulle autre part. Elle laissa le duc de Vendôme aux environs de Montauban avec une armée de huit mille hommes de pied et six cents chevaux^, et nettoya [les entours de^] Toulouse de plusieurs petites places huguenottes qui les incommodoient, se rendant maître de Garmain^, Le Mas-Saintes-Puelles^, le Bec-de-Riez^, Garlus'^, Padirac^, le château de la Trêne sur Dordogne^, places que S. M. fit toutes démolir 10.
De là, elle s'avança à Gastelnaudary et à Garcassonne, où le duc de Sully, avec un député du duc de