‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 146 sur 200 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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3. Priam-Pierre du Chalard commandait le garde-côtes de Guyenne et deux navires olonnais.

Nevers, d'un vaisseau de la religion de Malte qui étoit de huit cents tonneaux, d'un grand galion qui étoit à M. de Guise et de quatre autres grands vaisseaux de Marseille, le moindre desquels étoit de trois cents tonneaux, de huit vaisseaux de la côte de Guyenne et de huit qui restoient dans le port de Brouage, avec dix de ses galères qu'il fit venir de Marseille.

Le général de l'armée étoit M. de Guise et M. de Saint-Luc vice-amiral.

Le rendez-vous fut au Port-Louis ^ en Bretagne, où ils se joignirent tous sur la fin de septembre; mais, pour l'incommodité du port, duquel on ne peut pas sortir de tous vents, il ne leur fut pas possible d'en partir devant le 1 9^ octobre et vinrent, le %1% en vue de l'année rocheloise, composée de septante vaisseaux, qui étoient à l'ancre à la rade de l'île de Ré, au-dessous de Saint-Martin. Ils avoient plus grand nombre de vaisseaux que le Roi ; mais ils n'étoient pas si grands ni si bien équipés; aussi se tenoient-ils sur la défensive, et M. de Guise fut contraint de les attaquer, ce qu'il fit avec désavantage du vent et de la marée. Ils vinrent avec cet avantage à la rencontre courageusement et fondirent sur l'avant-garde de l'armée royale, commandée par M. de Saint-Luc, et la malmenoient si M. de Guise, avec son amiral, qui étoit le grand vaisseau de Malte, ne l'eût été secourir seul, ne pouvant être suivi du reste des vaisseaux du corps de sa bataille, pour ce qu'ils étoient trop au-dessous du vent et de lui et des Rochelois, lesquels, dès qu'ils le

1. Le Port-Louis, fondé par édit du 17 juillet 1618, actuellement chef-lieu de canton du département du Morbihan, fut créé à six kilomètres de Lorient, à l'embouchure du Blavet. III 17

virent, abandonnèrent l'avant-garde et vinrent fondre sur lui, conduisant devant eux deux brûlots enchaînés l'un à l'autre pour leur faire embrasser le corps de son galion et l'embraser.

Rien ne les put empêcher qu'ils n'attachassent avec des grappins lesdits brûlots aux haubans de son màt, qui incontinent furent tout en feu et le mirent audit galion. Le duc de Guise s'y comporta courageusement, refusa de se sauver dans sa chaloupe, comme on lui conseilloit, et fit détacher lesdits grappins; mais les brûlots ne laissèrent pas de mettre le feu en sa galerie et dans la chambre des pilotes et l'eussent consumé* si deux coups de canon, qu'il fit tirer à fleur d'eau, n'eussent si à propos donné dans les brûlots qu'ils les écartèrent un peu de son vaisseau et lui donnèrent loisir d'éteindre le feu qu'ils y avoient mis.

Le combat fut rude ; l'avantage en demeura au Roi ; les Rochelois se retirèrent en divers endroits, avec perte de plusieurs de leurs vaisseaux et hommes.

L'amiral étant demeuré seul et ayant allumé trois fanaux, quelques-uns de ses vaisseaux s'y joignirent dès la nuit, les autres le lendemain.

Les Rochelois se retirant, ils les suivirent; en cette poursuite, ils perdirent La Vierge, qui étoit le plus beau vaisseau de M. de Nevers, qu'ils avoient pris l'année précédente sur le Roi.

Quelques-uns de leurs vaisseaux s'étant retirés en l'île de Loix-, on les y poursuivit encore; mais ils

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