‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 152 sur 200 · Au prince de Condé · texte numérisé non relu

Au prince de Condé

elle et non pas contre lui^ ; qu'elle avoit su, en énigme, la plupart des choses qu'il lui avoit plu lui dire*^ des mauvais offices qu'iP lui rendoit, mais que maintenant elle les savoit certainement par sa bouche; que le Connétable, Ruccellaï et lui'' s'étoient proposé sa perte ^ pour fin; que Dieu, ayant appelé les deux premiers, elle avoit lieu d'espérer qu'il toucheroit le cœur au troisième''; que les bruits qu'il faisoit courir en Italie étoient très dangereux ; que le plus sûr moyen de lui ôter ses espérances étoit d'avoir des enfants qui assureroient sa personne et son État; en un mot, que ledit sieur prince, ayant essayé de décrier ses affaires et faire que le mal retombât sur lui^, il devoit avoir une fin contraire, qui étoit de lui imputer le succès de ce qui n 'étoit arrivé que par ses précipitations.

Elle prit, sur ce sujet, occasion de lui parler de quelque mauvaise satisfaction qu'on lui avoit voulu donner de la Reine sa femme, louant avec dextérité l'intelhgence qui étoit entre M. et M™® de Piémont, qui les étoient venus voir, afin de le convier, par cet exemple^, à n'écouter pas ceux qui voudroient diviser ce que Dieu vouloit être conjoint d'affection comme de lien.

Elle prit occasion de lui parler d'affaires et le pria de penser sérieusement à l'usurpation que le roi d'Es-

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