‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 151 sur 200 · Le Roi · texte numérisé non relu

Le Roi

son cabinet ^ il lui avoit dit plusieurs fois qu'il demeureroit désormais à la porte, afin que, si elle entreprenoit contre- sa personne, il fût en état de le secourir; que, depuis qu'il ^ étoit en Italie, il ne s'étoit occupé qu'à décrier son gouvernement, qu'à mépriser sa personne, divulguer sa mauvaise santé.

La Reine lui^ témoigna se ressentir très obligée de la franchise avec laquelle il lui parloit; que, s'il veut qu'elle lui parle librement, elle tâchera d'établir un secret avec lui, lui disant que Monsieur le Prince avoit tout su ce qu'elle lui avoit dit autrefois, par voies qui lui sont inconnues; qu'elle ne s'étonnoit pas des artifices de Monsieur le Prince, mais bien de ce que le Roi n'avoit pas laissé d'avoir quelque créance en lui; qu'il falloit juger des sentiments des personnes, non par leurs paroles, mais par leurs véritables intérêts; comme les siens ^ étoient dans sa conservation^, ceux de Monsieur le Prince [étoient] dans sa ruine; que sa grandeur dépendoit de sa vie, celle de Monsieur le Prince de sa mort ; en un mot, qu'une Reine mère n'est rien que par la grandeur de son fils, sans la perte duquel un premier prince ne peut rien être; qu'il lui suffisoit maintenant qu'il connût son dessein^; que, pour elle, elle lui*^ rendroit toujours le bien pour le mal, pourvu que sa mauvaise volonté ne pût avoir effet que contre

l.Dans le cabinet de la Reine mère.

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