L'archiduc Léopold d Autriche
garnison en plusieurs lieux et obligea les Grisons à recourir au gouverneur de Milan qui passa un traité avec eux le 29^ janvier de la présente année*, nonobstant lequel les Grisons, qui ne s'y étoient soumis que par force, eurent recours au Roi et lui envoyèrent des ambassadeurs- pour requérir son assistance. S'aidant aussi eux-mêmes, ils se soulevèrent et chassèrent les Léopoldiens^ et les Espagnols de leurs terres, excepté de la Valteline. Mais ce bon succès ne dura pas longtemps en son entier : aucuns des Grisons*, partisans d'Espagne, firent nouvelles séditions, tant qu'enfin ils furent contraints de s'assembler à Lindau^, où, pour pacifier tous les différends, ils firent un nouveau traité, par lequel la plupart des députés accordèrent la distraction de presque toute la ligue des Dix Droitures en faveur du comté de Tyrol et plusieurs autres choses ruineuses à cet État, auxquelles un petit nombre de députés ne se voulurent pas accorder^.
1. Le texte résumé en a été publié dans le Mercure francois, t. VTTT, année 1622, p. 331-332. En réalité, les traités dits de Milan furent signés les 15 et 16 janvier 1622, d'abord entre l'Espagne, les deux Ligues Grises et la seigneurie de Mayenfeld; secondement, entre l'Espagne, l'évéque de Coire et les précédents co-signataires, et enfin, entre l'archiduc Léopold et les précédents contractants. Ces traités rétablissaient la religion catholique dans les Grisons et la domination espagnole en Valteline. Des garnisons espagnoles continuaient à occuper les points stratégiques et le libre passage dans les Alpes était reconnu à l'Espagne.
2. Les députés de Zurich, Bâle, Schaffhouse et Appenzellévangélique virent Louis XIII à Saintes, le 1'^'' mai 1622.