Le prince de Condé s'était arrêté à sa résidence de Mon
désirent, et pour l'amour qu'ils lui portent et de crainte que la Reine ne prenne trop d'autorité dans les affaires, méditent sourdement une alliance secrète avec Bassompierre et lui font espérer, sous prétexte de fortifier le Roi contre Monsieur le Prince, qu'ils le jetteront dans le Conseil.
Le Roi, à leurs poursuites, envoie l'assurer de ses bonnes volontés et du désir qu'il a de le voir.
Monsieur le Prince écrit qu'il est prêt de venir en cour; mais, sous main, qu'il désire être éclairci de quatre choses :
Comme il sera payé de ses gratifications et pensions? Pourquoi Schônberg a été chassé; si ce n'a pas été en sa considératioti, ou si c'est simplement pour n'entendre pas les finances? Quelle place il tiendra au Conseil? S'il peut faire amitié très étroite avec le Chancelier et Puyzieulx?
On lui envoie le vieil Deshayes\ gouverneur de Montargis, pour lui donner satisfaction en tout et partout et l'assurer d'une étroite intelligence.
Gomme la chose est sur le point d'être exécutée, arrive que M""" de Guise ^ poursuit le mariage de sa
trond, en Berry, où il était arrivé le 7 mars. Il donna des fêtes brillantes à Bourges ; mais il évita de rentrer à Paris et demeura quatre années sans quitter le Berry.
1. Antoine Deshayes, gouverneur de Montargis, était père de Louis Deshayes, sieur de Courmenin, chargé de missions diplomatiques en Orient, en Suède, en Danemark et en Moscovie et qui, attaché au service de Gaston d'Orléans, trahit la France, fut arrêté en Allemagne et décapité à Béziers en 1632.
2. Henriette-Catherine de Joyeuse, veuve en 1608 de Henri de Bourbon, duc de Montpensier, et alors remariée à Charles de Lorraine, duc de Guise. Voyez t. 1, p. 114.
fille* avec Monsieur-, avec grande instance; elle en parle au Roi, à la Reine et aux ministres.
M"'® la comtesse de Soissons^, informée de son dessein, s'y oppose de tout son pouvoir, tendant à deux fins : ou qu'à même temps celui de Madame^ et de son fils^ s'achevât, ou que, ne se faisant point, on lui donnât M"^ de Montpensier^.
Puyzieulx favorise ]VP° de Guise; La Vieuville fait pour la comtesse de Soissons.
La Reine, prévoyant que le dernier feroit divers efforts en cachette dans l'esprit du Roi, se résolut de lui représenter les raisons qui dévoient empêcher le changement en cette affaire, où elle étoit savante pour en avoir ouï souvent parler au feu Roi.
Sachant que, le Roi son père l'ayant fait''', qui étoit