‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 198 sur 200 · Cinquième volume de l'édition de Stuttgard, 1861, p. J · texte numérisé non relu

Cinquième volume de l'édition de Stuttgard, 1861, p. J

les deux manuscrits au même point; on en peut conclure qu'aucun des cahiers de A ou de B, relatifs à cette année 1624, n'a été perdu, ce qui aurait pu expliquer l'absence de récit pour le commencement de 1624, quoiqu'à vrai dire il eût été fort invraisemblable que ces cahiers eussent été perdus, précisément pour la même période, dans l'un et l'autre manuscrit , puisque A et B ne sont pas identiques, le second étant loin d'être une simple copie du premier.

Mais il est une autre conclusion plus intéressante encore à tirer de ce qui précède. Etant donné que ni le manuscrit A ni le manuscrit B n'ont compris, à un moment quelconque, parmi les cahiers qui les formaient, ceux relatifs au récit du début de 1624, et que, d'autre part, ce récit se trouve dans le manuscrit Français 17542, il faut en déduire qu'il a existé un autre manuscrit, postérieur à B, qui contenait ce début de 1624 et dont le manuscrit Français 17542 est la copie.

On comprend dès lors l'intérêt que présente le manuscrit 17542, puisqu'il est la copie d'un manuscrit des Mémoires, détruit ou non retrouvé, postérieur à B, plus complet que lui et offrant des variantes qu'on ne saurait systématiquement négliger, puisqu'elles peuvent être l'œuvre des habituels « ouvriers » des Mémoires. Il faut reconnaître cependant qu'elles paraissent plutôt dues au scribe qui a écrit le manuscrit Français 17542.

Ce manuscrit ne comprend malheureusement que les années 1622 à 1626. Il semble qu'il soit seul de son espèce et qu'il n'ait pas existé de manuscrits semblables à lui, pour les périodes comprenant les années 1610 à 1622 et 1626 à 1638.

Actuellement conservé à la Bibliothèque nationale, le manuscrit Français 17542 a jadis appartenu, ainsi que l'indiquent les quelques lignes collées sur le premier feuillet, au monastère de Saint-Germain-des-Prés. Il faisait aupa-

ravanl partie de la bibliothèque de Henri du Camboul, duc de Coislin, léguée en 1732 à Sainl-Germain-des-Prés, bibliothèque elle-même formée par le chancelier Séguier. Il est inscrit au tome II du Catalogue des manuscrits de la ci-devant abbaye de Saint-Germain-des-Prés, catalogue dressé par Dom Poirier', sous le numéro 2213, et il a été intitulé par lui Histoire de France depuis 1622 jusqu'en 1626. Si l'on recherche sa trace dans les catalogues des manuscrits du duc de Coislin, on la retrouve dans le second volume de dépouillements du premier catalogue Coislin (dépouillement effectué par Dom Bouquet^), où il figure sous le titre d'Histoire de France depuis l'an 1622 jusqu'à la fin de 1626, et sous le même numéro 2213. Enfin, dans le premier catalogue des manuscrits du duc de Coislin 3, il porte le numéro 227. Il semble bien y avoir été l'unique manuscrit de cette espèce; car, dans cette bibliothèque, rangée avec ordre, les numéros 22.5 et 226 sont une copie de V Histoire du Père Vialart, et les numéros 228, 229 et 230, des copies des Mémoires de Richelieu pour les années 1631 à 1638, intitulées Histoire de France sous le règne de Louis XHJ, depuis l'an 1631 jusqu'à la fin de l'an 1638^.

On pourrait croire que ces derniers manuscrits sont de la même famille que celui que nous étudions; il n'en est rien.

Ces quelques données établies, on ne s'étonnera point que les plus importantes variantes du manuscrit Français

1. Ce catalogue est conservé à la Bibliothèque nationale sous le numéro 5796 des Nouvelles acquisitions françaises.

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