‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 54 sur 200 · Jean de Favas, vicomte de Castets-en-Dorthe, gouverneur · texte numérisé non relu

Jean de Favas, vicomte de Castets-en-Dorthe, gouverneur

députés des huguenots, parloit fort hautement, disant que le parti huguenot hasarderoit plutôt tout que de perdre cette pièce.

Ces instances donnent un nouveau et favorable prétexte au Roi d'aller en Guyenne ^ .

A la première journée, MM. de Rohan et de Soubisc se rendirent à la Mothe-Saint-Héraye - ; là saluèrent S. M. et furent vus comme avoit été M. de Mayenne.

Le Roi passa par Saint-Jean-d'Angély, où les habi-

de Casteljaloux, député général des églises réformées, était fils de Jean de Favas, maréchal de camp, gouverneur du Condomois, et de Louise de Chassaigne.

1. Dans France 773, fol. 94, les deux alinéas qui précèdent sont remplacés par le texte suivant : « Comme les choses sont en cet état, voici un prétexte pour passer en Guyenne, ou vrai ou apparent. Le sieur de Fontrailles étoit gouverneur de Lectoure, place la plus forte qu'eussent les huguenots en toute la Gascogne; celui-ci, mû par des considérations que ses amis disoient venir de la conscience, change de religion et se fait catholique. Sitôt que cela est su par un petit abrégé d'assemblée qui étoit toujours à la Rochelle, on mande au sieur de Favas, député auprès du Roi pour les prétendus réformés, qu'il eût à vivement presser qu'on ôtât ledit Fontrailles de cette place, laquelle étoit une de celles de sûreté, et qu'on y mît un de leur religion, avec attestation de son colloque, suivant ce qui étoit porté par l'édit. Il nétoit pas temps de refuser des choses si apparentes, et puis les huguenots, qui n'avoient rien dit en l'occasion du Pont-de-Cé, faisoient passer, selon leur coutume, leur neutralité pour de grands services. On dépêche à Fontrailles et lui commande[-t-]on de mettre la place entre les mains d'un exempt. Il refuse et Favas s'échauffe, remontrant que le parti hasardera plutôt tout que de perdre cette pièce. Sur ces instances, on se résout de s'acheminer en Guyenne. »

2. La Mothe-Saint-Héraye, chef-lieu de canton du département des Deux-Sèvres. Le manuscrit B et France 773 portent « La Mothe-Saint-Eloy ».

tants le reçurent avec tant d'applaudissement que M. de Soubise, qui l'y avoit suivi, n'en eut pas peu appréhension.

Ce qui succéda tôt après fit croire que Blaye étoit bien autatit le sujet du voyage que Lectoure ; car, dès le soir que le Roi y arriva, toute la cour et les gardes étant dans la place, l'on propose au marquis d' Aubeterre de prendre cent mille écus et une charge de maréchal de France pour la démission de ce gouvernement.

Il n'y avoit lieu ni de conseil, ni de contestation ; tellement que, sans marchander, il accepte* les offres. L'on change la garnison et met-on la place es mains de M. de Luxembourg^, frère de M. de Luynes.

Là fut mis en délibération si l'on arrêteroit M. de Mayenne; mais le Roi, voyant sa parole engagée, rejeta ces propositions.

Favas cependant ne cessoit de crier ; on se hâte de se rendre à Bordeaux.

Fontrailles, y voyant le Roi, se résout d'obéir, et, pour cet effet, le vint trouver.

S. M., qui voulut satisfaire aux prétendus réformés, donne le gouvernement de Lectoure au sieur de Blain ville l'aîné^, qui étoit de la profession requise.

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