‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 55 sur 200 · Le manuscrit B porte : il a accepté · texte numérisé non relu

Le manuscrit B porte : il a accepté

2. Léon d'Albert, seigneur de Branles, avait épousé, par contrat du 6 juillet 1620, Marguerite-Charlotte de Piney-Luxembourg et avait reçu par lettres patentes du 10 juillet 1620 le titre de duc de Luxembourg et de Piney.

3. Tanneguy de Varigniez, seigneur de Blainville, avait été député en 1615 par les églises de Normandie à l'assemblée de Grenoble.

Il est à noter que, lorsque les ecclésiastiques de Béarn virent à Poitiers S. M. résolue de passer outre en l'affaire de Lectoure, ils prirent dextrement l'occasion de supplier très humblement le Roi que, comme il satisfaisoit à ses édits de pacification en ce qui regardoit ceux de la Religion prétendue réformée, qu'il plût aussi à S. M. faire accomplir les mêmes édits en la restitution de leurs biens, dans lesquels ils n'avoient jamais pu entrer depuis la paix de [15]97^ bien que c'en fût un des principaux articles, ratifié par quantité d'arrêts du Conseil.

La requête étoit trop juste pour être éconduite. On dépêcha le sieur de la Saludie vers M. de la Force, lequel étoit gouverneur de Béarn, afin de lui porter ordre de venir trouver le Roi à Bordeaux et faire que le parlement de Pau députât des personnages de son corps, capables de recevoir les commandements du Roi sur la restitution desdits biens ecclésiastiques.

Il est vrai que l'on se trouva troublé de cette occasion, d'autant que l'on s'imaginoit que, pour remettre ce bien es mains des justes possesseurs, il falloit conquérir le Béarn et commencer la guerre, ou, refusant, découvrir l'avantage que les huguenots avoient à faire réparer leurs intérêts, faire voir encore de la foiblesse à n'oser pas passer plus outre et une injustice manifeste de laisser les évêques dépouillés de tout leur bien.

M. de la Force arriva à Bordeaux, mais sans les députés qu'on lui avoit mandé d'amener, protestant

1. Les Mémoires entendent évidemment désigner 1' a Editde Nantes » accordé en 1598 par Henri IV aux protestants.

qu'il avoit fait ce qu'il avoit pu afin que le parlement les nommât, ce qu'il n'avoit voulu* accorder.

En cette perplexité, on se résout de faire bonne mine et d'envoyer commandement au parlement de Béarn de vérifier à ce coup l'édit de pacification et de mettre ensuite les ecclésiastiques en vraie et effective possession de leurs biens, ou autrement (y ajoutoit-on) que le Roi s'y en iroit en personne pour se faire obéir.

Le peu de forces que S. M. avoit et les affaires qui n'étoient pas trop disposées à commencer une guerre, étoient considérations qui faisoient croire que cette alternative étoit prononcée avec grande contrainte; et, pour le témoigner, il se sut, mais de peu, qu'un soir M. de Luynes appela dans sa chambre MM. de Parabère le bonhomme^ et de Brassac, et leur dit qu'il les prioit de voir M. de la Force, et, sans faire paroître que ce fût par son induction, lui remontrer combien il pouvoit en cette occasion se rendre agréable au Roi et faire rentrer ses enfants dans la maison de S. M. , en l'exercice des charges desquels il y avoit eu deux ans d' intermission, lui faire connoître que ce qu'on désiroit de lui n'étoit point au fond une chose qui lui dût apporter mauvaise opinion dans son parti ; au contraire qu'il verroit, selon ce qu'ils avoient à lui dire, qu'on le vouloit faire instrument, afin de donner contente-

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