‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 57 sur 200 · France 773 : tant désirée · texte numérisé non relu

France 773 : tant désirée

3. Marie de Rohan, duchesse de Luynes, puis duchesse de Chevreuse.

tout aussitôt la nouvelle reçue de l'acceptation, il conseillât au Roi de reprendre son chemin et s'en retourner à Paris.

Fa vas, qui étoit bien averti que le parlement n'avoit point encore exécuté et qui voyoit néanmoins cet ordre, ne s'alla jamais imaginer la vraie cause de ce précipité départ ; ains, au contraire, ne se figurant rien moins, et jugeant toujours par les anciennes règles des vieux huguenots, conclut incontinent qu'il y avoit quelque chose d'altéré ou à Paris ou aux provinces frontières de la France : tellement que, résolu dans cette opinion, il dépêche en diligence à quelques particuliers amis qu'il avoit au parlement de Pau, leur donne sa pensée pour une vérité très certaine, les exhorte à demeurer fermes et ne se laisser pas seulement aller à cette lâcheté de confirmer des articles qu'il savoit bien qu'ils aimeroient mieux mille fois mourir que de les voir réduire à exécution.

Aussi étoit-ce, ajoutoit-il, sur ce revenu des biens d'Église que se prenoit l'entretien de leurs pasteurs et de leurs séminaires, principal fondement de leur religion.

Cet avis fut reçu comme venant à des personnes qui n'avoient pas grande envie d'obéir; ce qui parut en ce qu'ils s'assemblèrent et refusèrent l'acte que l'on requéroit d'eux.

Soudain, M. de la Force et ledit sieur de la Ghesnaie dépêchent au Roi et lui mandent qu'au contraire de ce qu'ils avoient espéré, la cour de parlement avoit absolument nié cette vérification; mais, comme ils n'en savoient pas la cause (au moins le dernier*), ils ne mandoient que l'effet avec étonnement.

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