Le P. Arnoux
5. Henri de Gondy (1572-1622), fils d'Albert de Gondy et de Claude-Catherine de Clermont, veuve du baron de Retz, fut nommé, en 1596, coadjuteur de son oncle Pierre de Gondy,
tireroit aucun fruit et recevroit beaucoup de honte s'il l'entreprenoit. Son retour étoit également craint de ses amis et de ses ennemis, les uns et les autres appréhendant sa violence et l'audace de son esprit; joint que c'est une chose difficile à supporter aux âmes même les plus modérées de voir une personne de basse étoffe et hors des charges publiques s'arroger l'autorité du gouvernement. Et sa méconnoissance vers le sieur de Luynes fait connoître par expérience que celui-là fut le plus sage politique des sept sages de Grèce qui donna à un grand pour première maxime de gouverner heureusement, de ne se fier facilement à personne de ceux qui sont autour de lui, puisque l'habit même de la piété est capable de feinte et de dissimulation.
Ce procédé du P. Arnoux, qui l'avoit mis en péril, joint à la mauvaise volonté qu'il voyoit qu'on lui portoit de toutes parts, aigrit son esprit jusques à l'extrémité, de sorte qu'il ne méditoit que proscriptions et emprisonnements contre tous ceux qu'il jugeoit être en état et pouvoir de lui faire du mal.
Le sieur de Vic^, qui succéda au sieur du Vair en la charge de garde des sceaux, dit qu'il ^ étoit résolu de me faire mourir à son retour. Le P. Arnoux manda à la Reine qu'il n'y avoit plus pour elle aucune espérance de salut.
Le prince de Join ville dit qu'iP s'étoit ouvert à lui
évêque de Paris, auquel il succéda en 1598 et fut créé cardinal en 1618.
1. Merri de Vie, seigneur d'Ermenonville, conseiller d'État, président au parlement de Toulouse, fut nommé garde des sceaux le 24 décembre 1621 et mourut le 2 septembre 1622.