‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 95 sur 200 · Le P. Arnoux · texte numérisé non relu

Le P. Arnoux

et le sieur de Puyzieulx, feignant, les matins, de lui lire des dépêches, lui tenoit de semblables discours ; ce dont on s'aperçut, d'autant qu'il demeuroit, sans tourner le feuillet, beaucoup plus à parler qu'une page ne pou voit pas contenir d'écriture.

Le Connétable, se voulant ôter ces épines du pied, commença par celle qui étoit la plus dangereuse, à cause de la condition de la personne et de la dévotion du Roi, et la plus facile, à cause du rang qu'iP tenoit en sa profession d'ecclésiastique.

Il dit premièrement au Roi qu'il avoit su qu'il - lui faisoit de mauvais offices près de S. M. et le supplia de lui dire les calomnies qu'il lui avoit inventées contre lui, afin qu'il les fit paroître à S. M. controuvées et fausses, comme elles étoient. Il eut peine à faire rien avouer au Roi ; dès qu'il lui eut découvert la vérité de tout, il ne fut pas difficile à recevoir et agréer ses excuses et ensuite abandonner le P. Arnoux à sa volonté pour le faire retirer de la cour.

Lors iF l'envoya quérir, lui reprocha les biens qu'il lui avoit faits et son ingratitude. L'autre tâcha, par des paroles soumises et plus basses que sa condition ne portoit, à adoucir son esprit, mais en vain. Au sortir de là, il* voulut encore essayer de voir le Roi une fois; mais le cardinal de Retz^, qui étoit son ami et le vint voir, le lui déconseilla, comme étant chose dont il ne

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